St-Pierre : Un an de prison avec sursis pour avoir foncé sur des collégiens avec sa voiture

Le 26 septembre dernier, six collégiens de la Ligne-des-Bambous attendent que le collège ouvre pour la 2e heure de la journée. Ils voient alors une voiture prendre le rond-point à contre-sens et leur foncer dessus. L'un d'eux sera même percuté par le rétroviseur. C'est le trottoir qui a ralenti le véhicule.
Les élèves parviennent à se réfugier à l'intérieur de l'établissement, toujours poursuivi par le conducteur. Celui-ci veut rentrer dans le collège, mais l'assistant d'éducation s'interpose et parvient à le calmer.
Interpellé dans la journée, Jean-Luc va d'abord expliquer aux policiers que les jeunes avaient insulté sa compagne. Finalement, il va avouer être célibataire et explique les vraies raisons de sa colère : il aurait entendu une voix de jeune l'appeler "zangounout", son petit nom gâté. Un surnom qu'il n'accepte pas venant de n'importe qui.
"Pour moi, c'est comme si on me lançait une bombe. Mais je n'ai jamais eu l'intention de les renverser, sinon je l'aurais fait", explique-t-il à la barre. Une explication particulière qui a mis les enquêteurs et la Justice sur un éventuel problème psychiatrique. C'est pourquoi une expertise psychiatrique avait été demandée avant de juger l'homme de 59 ans dans le cadre d'une comparution immédiate différée.
Des troubles psychiatriques importants
En effet, l'expert psychiatrique va relever un trouble de la personnalité de type paranoïaque avec une tendance soupçonneuse et une sensation persécutoire qui favorise le passage à l'acte. Son potentiel de dangerosité est avéré, mais il reste réadaptable et peut répondre à une sanction pénale. Des troubles psychiatriques hérités d'une enfance difficile où il a été battu et agressé sexuellement par son père.
Lorsque le procureur va lui demander s'il est possible qu'il ait entendu une voix dans sa tête, Jean-Luc va admettre que cela est possible. "C'est une affaire pas commune avec un profil pas commun. Protéger les enfants, c'est une nécessité absolue, vous le savez mieux que quiconque", argue le procureur qui requiert une peine de 2 ans de prison, dont 18 mois avec sursis.
La défense va s'axer sur les problèmes psychologiques de son client. "Il y a des incohérences dans ses témoignages qui montrent qu'il a une perception du monde différente. Il a été marginalisé toute sa vie et n'a jamais eu de suivi médical. Les soins sont une absolue nécessité pour lui et pour la société. L'injonction de soin est nécessaire. Ses conditions de vie sont tellement difficiles qu'il voit la prison comme un cadeau", assure Me Clotilde Pauvert.
Une plaidoirie que va entendre le tribunal qui le condamne à une peine d'un an prison avec sursis, mais surtout une obligation de soin. Il doit réparer les préjudices faits aux victimes et ne doit plus approcher le collège de la Ligne-des-Bambous.


