Revenir à la rubrique : Faits divers

St-Louis : Une gentille voisine jugée pour abus de faiblesse

Entre avril 2017 et septembre 2019, Marie-Fabienne R. est soupçonnée d’avoir abusé de la vulnérabilité d’un homme handicapé dont elle s’occupait. Ce dernier souffre d’un handicap visuel et a rencontré la prévenue, jugée ce jeudi devant la cour d’appel, par l’intermédiaire de voisins.
Ecrit par N.P – le lundi 19 février 2024 à 09H45

A la barre du prétoire de la rue Juliette Dodu, la saint-louisienne de 56 ans explique qu’elle amenait ce monsieur "à la messe et aux courses". Et comme le véhicule de l'accompagnatrice fonctionnait mal, il lui aurait offert ce cadeau "excessif" ainsi que le qualifie l'intéressée elle-même.

Malheureusement quelques temps plus tard, l’homme a fait un AVC. Sa nièce est venue de métropole pour s’occuper de lui. Constatant des dépenses inexpliquées - 10 300 € en 2017, 2940 € en 2019, un retrait de 500 € lorsque son oncle se trouvait avec Marie-Fabienne -ainsi que l’acquisition du fameux véhicule acheté 13 000 €, elle a porté plainte.

En première instance, les juges de Saint-Pierre ont estimé que les faits n’étaient pas suffisamment caractérisés et ont relaxé Marie-Fabienne. Cependant, le procureur de la République du Sud ainsi que la victime présumée ont fait appel.

Interrogé après son accident vasculaire cérébral, l’homme souffrant de cécité n’est pas parvenu à se souvenir des circonstances de l’achat du véhicule. Sa mémoire est en effet altérée et les experts indiquent qu'il est "désorienté face aux lieux et au temps sur fond de personnalité faible et vulnérable".

Ecrivant à la cour, il a demandé la restitution du véhicule. "Il est fâché", indique le président de l’audience à la prévenue qui s'occupe désormais de personnes âgées en tant qu'aide domicile. "Sa vulnérabilité est établie. Il vivait seul alors qu’avant ses problèmes de vue, il était entouré de beaucoup de famille", décrit la représentante de la société. Celle-ci convient que l’homme avait donné sa confiance à Marie-Fabienne en lui donnant notamment les codes de ses cartes bancaires. "Rien à signaler sur les comptes de madame", signale encore la représentante du parquet général.

Mais concernant le véhicule, il est établi que la victime a amputé de 25 % l'assurance vie souscrite suite à un héritage pour acheter l’automobile. "Un abus de faiblesse", pour l'avocate générale qui estime que le coût du véhicule doit être restitué à Monsieur. La cour s’est donnée jusqu’au 11 avril prochain pour en décider.

Etiquettes : Saint-Louis

Dans la même rubrique

0💬
Tri :