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St-Joseph : Bagarre entre parents et exhibition sexuelle devant une école primaire

Un couple de parents d'élèves a été condamné pour avoir provoqué une bagarre avec d'autres parents devant une école primaire à Langevin alors que la victime est enceinte. Dans sa colère, le père n'a pas hésité à montrer son sexe devant toutes les personnes présentes. Il part en prison pour 4 mois, tandis que sa compagne écope d'un stage de citoyenneté.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 14 septembre 2023 à 11H46
Photo d'illustration

Le 31 août dernier, c'est un spectacle désolant qui a eu lieu devant l'école primaire de Langevin. Asinati*, la mère d'un élève, va confronter une autre mère de famille. Bien qu'elle sache que cette dernière est enceinte de 4 mois et porte son enfant de deux ans dans les bras, elle lui met une gifle. La victime pose alors son enfant, répond au coup et une bagarre s'engage entre les deux femmes.

Idrissa*, le conjoint d'Asinati, se rapproche de la scène en filmant avant de commencer à se battre avec le mari de la femme enceinte. Dans la bousculade, Idrissa va baisser son pantalon, sortir son sexe en criant vers la mère de famille que "je ne peux pas te taper, mais je peux te baiser". Les deux vont se retrouver en garde à vue le lendemain.

Les causes de la rixe sont très floues

Face au tribunal, Idrissa va déclarer que les raisons de cette rixe remontent à deux jours avant. La mère de famille aurait mal regardé son fils et une engueulade aurait eu lieu. Le prévenu assure que la victime l'insultait en mahorais, tandis que lui l'insultait en français, ce qui explique pourquoi tout le monde pense qu'il était le seul à être agressif.

Les prévenus accusent les victimes d'être les responsables de la rixe. Ils affirment, à l'encontre de tous les témoignages, que ce sont les autres qui ont frappé en premier. La crédibilité des explications d'Idrissa va prendre du plomb dans l'aile lorsqu'il assure que c'est la mère de famille qui lui a baissé son pantalon pour attraper son sexe.

La direction de l'établissement va confirmer que ce couple pose souvent des problèmes. De son côté, la victime n'a jamais posé le moindre souci et est même revenue le lendemain s'excuser pour la scène. Les différents témoignages vont dans ce sens. "Je pense que les gens m'en veulent", va se justifier le père de famille déjà condamné pour des violences cette année.

"Un dossier affligeant"

"C'est un dossier affligeant. Ils commencent des violences devant une école pour des broutilles. On ne comprend pas pourquoi ils ont porté des coups, d'autant plus que la victime assure ne pas les connaître", argue la procureure. Elle requiert une peine de 6 mois de prison avec sursis pour Asinati et un an de prison ferme pour Idrissa. La parquetière demande également l'interdiction de paraître aux abords de l'établissement.

"C'est un couple parental qui a le mauvais rôle, donc on demande de frapper fort. Le ministère public a fait un choix. Ils se battent, mais seuls eux sont présents à la barre du tribunal. En dessous de ce dossier, il y a un problème de harcèlement scolaire. Ils luttent dans cette école, car leur enfant est victime", plaide Me Sameïdha Mardaye.

Le tribunal condamne Asinati a un stage de citoyenneté à effectuer dans les 6 mois sous peine de voir la sanction se transformer en 3 mois de prison. Pour sa 8e condamnation, Idrissa écope de 4 mois de prison ferme pour exhibition sexuelle, les faits de violences sur la femme enceinte n'étant suffisamment pas caractérisés. Le tribunal ne retient pas l'interdiction de paraître devant l'établissement, car cela reviendrait "à déscolariser les enfants."

*Prénoms d'emprunt

Etiquettes : Saint-Joseph

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