Soigne et tais-toi : des professionnels de santé submergés de travail

David est comme beaucoup d’aides-soignants : son métier, il l’a choisi par passion. Aujourd’hui, c’est avec ses collègues qu’il vient exprimer son ras-le-bol sur le parvis du CHU de Bellepierre. “La situation est critique. Nous avons des profils et des fiches de poste qui ne correspondent pas à la réalité. On a l’impression que nos directeurs nous parlent de chiffres, de quotas de patients. Nous commençons notre journée avec un nombre de patients bien trop élevé. Nous n'avons pas assez de moyens.”
Conséquence directe : les urgences doivent parfois faire attendre certains patients plus de 20 heures, parfois jusqu’à 48 heures. La qualité des soins en pâtit également. “Nous faisons ce travail avec beaucoup de questionnements et de souffrances. Nous nous demandons si nous sommes toujours soignants… On n’arrive pas à prodiguer des soins de qualité”, déplore David, qui travaille au service des urgences.
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Soigne et tais-toi
“On a l’impression de devoir soigner sans rien dire. On a l’impression de ne pas être entendus. Notre souffrance est là depuis plus d’un an, et elle s’accentue de jour en jour. On n’a pas de réponses, et on ne peut que s’excuser auprès des patients”, confie Margaux, infirmière aux urgences. “Demain, si on a mal soigné quelqu’un, qu’est-ce qui se passe pour nous ? C’est une crainte et un poids que l’on ressent au quotidien.”

À l’initiative de Force Ouvrière (très vite rejoint par la CGTR), la grève a démarré ce jeudi matin, aux aurores. Une visite aux urgences s’est improvisée, suivie d’une prise de parole sur le parvis du CHU. Une vingtaine de soignants se sont retrouvés pour échanger, mais aussi alerter les passants et automobilistes.
Pour l’heure, le mouvement s’est estompé, mais le préavis de grève court toujours, et d’autres actions vont être entamées dans les prochains jours. Concernant la direction du CHU, elle se dit prête à reprendre les négociations.


