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SML Réunion : "Avec Stéphanie Rist ministre de la santé, la médecine libérale à tout Rist et à tous risques"

Ecrit par N.P. – le dimanche 19 octobre 2025 à 17H36

Le Syndicat des Médecins Libéraux de La Réunion estime que la nomination de Stéphanie Rist au ministère de la Santé est un très mauvais signal envoyé à la médecine libérale et à l'intérêt des patients. Il y a deux ans déjà, ils contestaient les contours de la loi portée à l'époque par celle qui n'était encore que députée.

Le communiqué :

Sa nomination est une provocation des médecins libéraux inégalée à ce jour. Un choix pire de ministre par son approche connue de la médecine libérale s'avère impossible.

En effet, nous avons déjà la loi RIST qui attribue le diagnostic clinique, la décision thérapeutique, voire le traitement aux infirmières en pratique avancée, pharmaciens et kinésithérapeutes. Avec pour volonté de remplacer par des paramédicaux les médecins libéraux considérés en nombre insuffisant. Du fait de politiques ayant imposé des années de numerus closus inadaptés à une démographie en augmentation mais vieillissante. Du fait maintenant de médecins fuyant un exercice libéral à considérer, un tarif des consultations en France un des plus faibles d'Europe (à hauteur de 50% du tarif moyen européen), des recommandations médicales et contraintes administratives abusives coercitives devenues insupportables.

Et pour enfoncer le clou, avec Stéphanie Rist pour la Santé, le projet Lecornu de budget des Finances pour 2025 voulant taxer davantage les médecins libéraux conventionnés autorisés à pratiquer en secteur 2 des dépassements d'honoraires. De quoi décourager d'un exercice libéral, en particulier les médecins spécialistes.

Alors que dans une conjoncture financière prétexte à une non revalorisation des honoraires, la solution pour sauver la médecine libérale serait le maintien du paiement à l'acte associé au libre choix pour tous les médecins libéraux d'exercer en ce secteur dit 2, conventionné avec honoraires libres possibles. Ce qui est pourtant de longue date réclamé par le Syndicat des Médecins Libéraux (SML) avec insistance.

Serait d'expliquer que la Santé aura un coût croissant, et que pour conserver un système de répartition chaque citoyen se devra en cas de pathologies bénignes d'accepter de participer financièrement.

Serait des politiques, gouvernants et médias un discours autre que celui combien populaire de l'assistanat, mais courageux responsabilisant pour une médecine de haute qualité.

Serait encore et surtout des médecins attachés à un exercice libéral, de ne pas dénier une situation médicale dégradée ou s'avérer fataliste, de considérer qu'ils ont un grand pouvoir en main et peuvent faire changer les choses sous réserve d'en prendre conscience, de décider à se mobiliser, de comprendre et accepter que seules des actions dures avec une unité de tous les syndicats et avec la participation de tous et quitte à des sacrifices, sont désormais indispensables.

À défaut, ce sera en France une médecine plus que jamais source de mécontentement, à deux vitesses pour quelques riches, mais essentiellement pour une majorité de patients au forfait ou salarié, de qualité médiocre pour devenir rapidement bas de gamme, avec des patients assistés non libres de choisir, apparemment gratuite mais finalement dispendieuse car qui nécessiterait de doubler le nombre de médecins.

Dr Humbert Gojon

Président SML Réunion

Vice-président national du SML chargé des DOM-TOM

Etiquettes : médecine libérale

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