Situation "apocalyptique"à Domenjod : face à de multiples agressions, les syndicats pénitentiaires déplorent un manque de moyens

Plusieurs faits d'agressions ont secoué la prison de Domenjod en l'espace de 72 heures : leur point commun, les détenus présentent des troubles psychiatriques. Face à cette situation, les syndicats pénitentiaires déplorent une aide insuffisante du ministère de la Justice.
La première agression recensée s'est déroulée dans la journée de dimanche : un mineur de 14 ans a agressé deux agents pénitentiaires. Ce détenu, sortant d'une hospitalisation d'office, s'en est pris aux surveillants. Une agression survenue alors qu'il devait retourner en cellule de confinement.
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Étant âgé de moins de 16 ans, la seule sanction disciplinaire est celle de le "priver de télé", tance Vincent Pardoux, secrétaire régional Force Ouvrière Justice. Une situation paradoxale, qui fait questionner le syndicat sur la "réponse à apporter" à ces agressions par des mineurs.
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Ce mardi 6 mai, c'est à nouveau un mineur qui a fait parler de lui en détention, après une nouvelle agression. Lors de la distribution des repas, il a roué de coups un agent et son collègue lors de son interpellation. Lui aussi présentait des troubles psychiatriques.
Manque de personnel et surpopulation carcérale
L'un des facteurs qui favorise le climat de violences envers les surveillants mais aussi entre détenus est, selon le syndicat, la surpopulation carcérale. Domenjod est proche d'accueillir les 1 000 détenus (pour, on le rappelle, 576 places) et cette promiscuité favorise les tensions.
Qui plus est, le centre pénitentiaire de Saint-Denis est le seul où un quartier des mineurs est établi. Concernant la seconde agression, Vincent Pardoux explique que, suite au débrayage entamé ce mercredi 6 mai, le transfert vers un établissement de l'Hexagone est en cours. Une plainte a été déposée contre l'adolescent.
Samuel Fontaine, secrétaire général Ufap-Unsa Justice, déplore une "série noire" et une situation pénitentiaire "apocalyptique". Il évoque le cas d'un agent blessé au genou lundi, suite au refus d'un détenu d'être transféré dans une autre cellule. Selon le syndicaliste, les effectifs manquants se chiffrent à 32 agents, dont trois officiers.
Les unités hospitalières spécialement aménagées, grandes absentes des Outre-Mer
FO Justice et Ufap-Unsa Justice plaident pour l'installation à La Réunion des UHSA, unités hospitalières spécialement aménagées. Ces centres, issus d'une collaboration interministérielle (justice et santé), accueillent les détenus nécessitant des soins. La sécurité y est assurée par l'administration pénitentiaire.
Or, actuellement, aucune unité de ce type n'est présente sur le territoire réunionnais. "Cela demande beaucoup de moyens, notamment en termes de personnel", détaille Samuel Fontaine (Ufap-Unsa). "Il n'y a pas la volonté budgétaire", déplore quant à lui Vincent Pardoux (FO). Actuellement, les détenus nécessitant une telle prise en charge sont envoyés dans un centre de Saint-André, qui peut accueillir un ou deux détenus.


