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Santé mentale des jeunes : dans les Outre-mer, une détresse bien plus marquée qu’en métropole

Ecrit par N.P. – le mardi 9 septembre 2025 à 08H24

Une enquête de la Mutualité française, de l’Institut Montaigne et de l’Institut Terram révèle qu’un jeune ultramarin sur trois à La Réunion souffre de dépression, contre un sur quatre en moyenne nationale. La fracture territoriale est criante et met en lumière un accès aux soins encore trop limité.

La santé mentale des jeunes apparaît comme l’une des grandes urgences sociales du moment, mais la situation est encore plus préoccupante dans les Outre-mer. Selon l’enquête publiée ce mois-ci par la Mutualité française, l’Institut Montaigne et l’Institut Terram, « les jeunes ultramarins sont les plus durement touchés : 39 % souffrent de dépression ». À La Réunion, la proportion atteint 32 %, contre 25 % au niveau national.

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Les chiffres mettent en évidence un mal-être massif et durable. Alors qu’en Bourgogne-Franche-Comté 19 % des jeunes sont touchés, le taux grimpe à 43 % à Mayotte, 44 % en Martinique et 52 % en Guyane. « Des niveaux sans équivalent en Hexagone », notent les auteurs de l’étude.

Un sentiment d’abandon

À cette détresse psychique s’ajoute une profonde insatisfaction vis-à-vis des services publics. « 43 % des jeunes ultramarins se déclarent insatisfaits des services essentiels, soit plus du double de la moyenne nationale (21 %) », précise le rapport. Santé, éducation, transports : autant de maillons fragiles qui renforcent le sentiment d’abandon et pèsent lourdement sur le moral des jeunes générations.

L’accès aux soins constitue un autre angle mort. Seuls 30 % des jeunes ultramarins ont déjà consulté un professionnel, contre 38 % en moyenne nationale. À Mayotte, la proportion tombe à 27 %. « Dans ces territoires, l’un des freins mentionnés par ceux ayant ressenti le besoin mais n’ayant pas consulté est de ne pas savoir vers qui se tourner (25 %) », détaille l’étude.

Au-delà des indicateurs médicaux, le rapport souligne aussi le poids d’un avenir incertain. « 94 % des jeunes se disent inquiets pour au moins un enjeu majeur : leur avenir personnel (68 %), l’actualité internationale (83 %) ou la crise environnementale (77 %) ». À La Réunion comme ailleurs, cette éco-anxiété et ce sentiment d’instabilité mondiale se superposent aux difficultés locales : chômage élevé, mobilité contrainte, isolement social.

Dans ce contexte, les jeunes expriment clairement leurs attentes. « 36 % veulent avant tout faciliter l’accès aux soins psychologiques et la proportion est la même pour le renforcement de la sensibilisation ». D’autres demandent davantage d’activités culturelles et sportives, ainsi qu’une baisse du coût d’accès aux soins.

À La Réunion, où près d’un jeune sur trois se dit en dépression, ces demandes résonnent avec une acuité particulière. Le rapport met en garde contre une banalisation du mal-être et appelle à une action publique territorialisée : sans un renforcement concret des moyens dans les Outre-mer, la promesse d’une « grande cause nationale » pour la santé mentale des jeunes risque de rester lettre morte.

Etiquettes : Santé mentale

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