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Santé mentale à l’école : après le drame de Nogent, un protocole obligatoire dès la prochaine rentrée

Ecrit par N.P. – le vendredi 13 juin 2025 à 18H24
Élisabeth Borne - Photo : Alexandre Robert

Après la mort d’une surveillante poignardée par un collégien, le gouvernement impose un protocole de repérage de la détresse psychologique chez les élèves. Les établissements scolaires devront être prêts dès la rentrée.

Le choc causé par le meurtre d’une surveillante à Nogent, poignardée par un élève de 14 ans, continue de résonner dans les esprits.

Trois jours après ce drame survenu dans un collège de Haute-Marne, la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, a annoncé ce vendredi 13 juin une mesure forte : tous les établissements scolaires devront mettre en place un « protocole de repérage et de prise en charge des situations de souffrance psychologique chez les jeunes » d’ici la fin de l’année.

Lors d’un déplacement à Saint-Quentin (Aisne), la ministre a insisté sur la coordination nécessaire avec les acteurs de santé afin qu’un élève identifié comme en souffrance puisse bénéficier d’une « forme de coupe-file » pour accéder rapidement à une prise en charge dans les centres médicaux psychologiques.

Lire aussi : Haute-Marne : une surveillante mortellement blessée par un collégien

Cette annonce s’inscrit dans le cadre plus large d’un plan sur la santé mentale dévoilé le 11 juin, qui prévoit notamment la formation de deux adultes repères dans chaque établissement du second degré et chaque circonscription du premier degré d’ici 2026. L’ambition est également de doubler le nombre de secouristes en santé mentale d’ici 2027, pour atteindre les 300 000 formés. En parallèle, les étudiants en santé effectuant leur service sanitaire seront appelés à sensibiliser les élèves aux compétences psychosociales.

"Combien de morts faudra-t-il encore ?"

Mais pour les syndicats, cette stratégie manque de moyens. Catherine Nave-Bekhti (CFDT Éducation) s’interroge sur la faisabilité du plan sans enveloppe budgétaire spécifique. Même écho du côté de Sophie Vénétitay (Snes-FSU), qui refuse que l’on fasse « peser le poids de ce défi uniquement sur les personnels déjà en place ». Le constat est d’autant plus préoccupant que près de la moitié des postes de médecins scolaires sont vacants, reconnaît la ministre. Si les postes de psychologues, infirmiers et personnels sociaux sont actuellement « pourvus », Élisabeth Borne promet de « renforcer les effectifs » dans le cadre des discussions budgétaires pour la loi de finances 2026.

Enfin, au-delà de la prise en charge psychologique, la sécurisation des établissements reste un chantier ouvert. Devant l’école visitée par la ministre, quelques manifestants ont dénoncé le « sous-financement » de l’Éducation nationale. « Combien de morts faudra-t-il encore dans l’école pour que les pouvoirs publics acceptent enfin de mettre l’argent nécessaire ? », s’est indigné Christophe Berthiaux, enseignant dans la Somme.

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