Santé : les cliniques privées alertent sur un accès aux soins menacé par le budget 2026

Lamine Gharbi, président de la Fédération de l’Hospitalisation Privée (FHP), a passé une semaine à La Réunion pour rencontrer les acteurs locaux et alerter sur les conséquences du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026. Selon lui, le texte, qui prévoit une hausse budgétaire de seulement 1,6 %, est largement insuffisant face à des besoins estimés à 4 % sur le territoire.
Durant sa visite d'une semaine, Lamine Gharbi a rappelé le rôle crucial des établissements privés dans le système de santé réunionnais. « 85 % des patients pris en charge dans nos structures spécialisées le sont pour le compte de l’hôpital public. Sans le privé, l’hôpital public ne pourrait pas fonctionner », a-t-il souligné. Il a également insisté sur la nécessité d’un financement supplémentaire de l’ordre de 10 millions d’euros pour les soins médicaux de réadaptation et la psychiatrie.

Psychiatrie et SMR : des besoins criants, des financements insuffisants
Un avis que partage le Dr.Mathias Deleflie, co-président de la FHP OI et directeur du groupe Clinifutur, a détaillé les conséquences financières pour les cliniques. « Certains groupes compensent encore d’un établissement à l’autre, mais quand l’ensemble devient déficitaire, on ne peut plus continuer. Faute de financements, des fermetures seront inévitables, avec un impact direct sur la population », explique-t-il. Il précise que l’insuffisance des tarifs contraint les cliniques à freiner les recrutements, reporter l’achat de matériel et suspendre des projets d’innovation dans les services de médecine, chirurgie et obstétrique, ainsi que dans les soins médicaux de réadaptation.
Le problème touche également la psychiatrie. Aude d’Abbadie-Savalli, co-présidente de la FHP OI et directrice du groupe Runésens, souligne : « L’objectif de la réforme sur la prise en charge de la psychiatrie est louable. Il s’agissait à la base de rattraper un vrai retard avec l’Hexagone. Mais les financements ont été calibrés sur les recettes existantes, or comme l’activité a augmenté, pire, on apprend parfois six mois après l’ouverture qu’on ne nous augmente pas nos crédits. Ainsi, ce sont 40 lits en pédopsychiatrie que nous avons ouverts aux Flamboyants car l’ARS a identifié un besoin. Et alors que des dépenses ont été engagées, on apprend qu’on n’aura rien en plus. Il y a des besoins criants, mais qui se retrouvent compromis par manque de financements ».
La FHP et la FHP OI demandent une révision urgente des modalités de financement, une équité public/privé et une sécurisation des établissements ultramarins pour garantir un accès équitable aux soins et préserver l’équilibre sanitaire de l’île.


