Santé : Bayrou veut économiser 5 milliards, les patients mis à contribution

Franchises doublées, contrôle accru des ALD, hôpitaux appelés à plus d'efficience… Le Premier ministre a détaillé ce mardi les mesures du budget 2026 pour le secteur de la santé. Les patients seront les premiers concernés.
Le secteur de la santé paiera une large part de la cure d’austérité annoncée par François Bayrou. Dans le cadre des orientations budgétaires pour 2026, le Premier ministre a confirmé ce mardi une économie visée de 5 milliards d’euros, équivalente à celle déjà fixée l’année précédente. Et cette fois, le tour de vis se fera sentir directement dans le portefeuille des assurés.
Doublement de la franchise médicale
Première mesure phare : le doublement du plafond annuel des franchises médicales, qui passerait de 50 à 100 euros par an et par assuré. Concrètement, cela signifie que les frais restant à la charge des patients lors de l’achat de médicaments, d’actes paramédicaux ou de transports médicaux ne seront plus plafonnés à 50 euros, mais à 100 euros. Cette disposition, déjà actée dans le dernier projet de loi de financement de la Sécurité sociale, avait suscité de vives critiques, notamment de la part des associations de patients.
Deuxième levier d’économies ciblé : les affections de longue durée. Les 13 millions de Français bénéficiant actuellement d’une prise en charge à 100 % dans le cadre de leur ALD pourraient voir ce droit remis en question. François Bayrou a plaidé pour un renforcement des contrôles, avec la possibilité d’une sortie du régime si l’état de santé ne justifie plus la couverture totale des soins. Une mesure qui inquiète déjà les patients chroniques et leurs représentants.
Les arrêts maladies dans le viseur
Côté hôpitaux, le gouvernement veut également serrer la vis. Le chef du gouvernement appelle à « une plus grande efficience » dans la gestion des établissements de santé, en particulier sur les achats de matériel et de dispositifs médicaux. Une manière de contenir la hausse des dépenses hospitalières sans augmenter les budgets.
Enfin, concernant les arrêts maladie, le Premier ministre a esquissé une réforme sans en détailler les modalités. Face à leur envolée ces dernières années, il propose d’assouplir le protocole de reprise au travail : au-delà de 30 jours d’arrêt, ce ne serait plus uniquement le médecin du travail – souvent en nombre insuffisant – qui validerait le retour, mais aussi le médecin traitant, sauf en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.
Ces annonces, bien que présentées comme nécessaires à l’équilibre des comptes publics, devraient provoquer de vives réactions dans les jours à venir, tant elles touchent un secteur déjà sous tension et des patients de plus en plus fragilisés.
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