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Saint-Louis : Deux frères dévastent le quartier tranquille des Makes

Deux frères étaient jugés en comparution immédiate mercredi 13 mars pour avoir agressé leurs voisins et ravagé leur domicile. Un acte de violences sans déclencheur particulier, à l'exception d'un cocktail alcool et médicaments. Si l'un d'eux était inconnu de la Justice et s'en sort avec du sursis, l'autre au lourd passé judiciaire est parti en prison pour deux ans.
Ecrit par G.D. – le jeudi 14 mars 2024 à 11H26

C'est une scène aussi cauchemardesque qu'incompréhensible qu'a vécu une famille des Makes dimanche dernier. En fin d'après-midi, ils voient les frères Anthony et Joël B. arriver dans leur jardin. Joël, le plus jeune des deux, prend un pot de fleurs, puis une poubelle, et les jette sur la baie vitrée qui se brise. Ils rentrent à l'intérieur en aspergeant les lieux de gaz lacrymogène et détruisent des meubles comme la machine à laver et la gazinière.

Les deux frères sortent ensuite et détériorent le portail de la famille d'à côté, qui sont les propriétaires de la première maison. Entre-temps, les gendarmes arrivent et tentent de calmer la situation. Joël les menace en prétextant être armé. Mais c'est surtout Anthony qui est incontrôlable et les militaires doivent faire usage d'un taser à quatre reprises pour le contrôler et l'interpeller.

Durant l'audience, Anthony est toujours aussi ingérable. Il ne cesse de parler malgré les injonctions à se taire de la présidente du tribunal et menace du regard les victimes. Paradoxalement, l'aîné des deux est celui qui n'a de pathologie reconnue, à l'inverse de son frère qui souffre de schizophrénie, mais qui reste d'un calme olympien.

Une attitude opposée entre les deux qui se confirme à la lecture des casiers judiciaires. Joël fait face pour la première fois à la Justice, tandis qu'Anthony a vingt mentions sur son casier et sort à peine de prison.

Une rancœur inexpliquable

Premier à être interrogé, Joël va tout avouer sans rien chercher à cacher. Il explique que ce jour-là, il avait bu une demi-bouteille de whisky associée à six comprimés de Seresta, un anxiolytique utilisé dans le sevrage des addictions. Ce médicament est le traitement d'Anthony qui est accro à l'Artane.

Joël confirme que c'est lui qui a décidé d'aller s'en prendre à la famille, tandis qu'Anthony indique juste qu'il voulait "protéger son frère" en participant à l'assaut. Ils expliquent qu'ils voulaient s'en prendre à une famille à qui ils en veulent depuis des années. Cette famille étant absente à ce moment-là, ils s'en sont pris à leurs locataires dans la maison d'à côté.

Pour expliquer les raisons de cette haine, Anthony affirme que la famille "a tenté d'extorquer ma mère handicapée pendant que j'étais en prison". Pourtant, la réalité est tout autre. Les victimes ne cessent d'aider cette famille depuis des années, allant jusqu'à acheter leur terrain pour les aider financièrement, a pris en charge la réparation de leur portail après le cyclone Belal et va même s'occuper du jardin de leur mère. Ils ne réclament même pas l'argent qu'ils leur doivent. "Ils nous reprochent notre bienveillance", assure une des victimes.

"Je ne créais aucun problème dans le voisinage"

Si Joël assume ses fautes, Anthony joue la victime. "Je ne créais aucun problème dans le voisinage. À chaque fois que j'essaye de me réinsérer, il y a des trucs comme ça, tout ça parce que les gens ne m'aiment pas", n'hésite pas à lâcher Anthony. Pourtant, toutes les parties civiles assurent qu'il fait régner la terreur dans le quartier.

"C'est une espèce de tsunami qui est tombé sur la tête des victimes. Une tornade de violences. Les parties civiles sont presque désolées pour eux, mais on n'a pas entendu la moindre contrition des prévenus. C'est une inversion des valeurs", argue le procureur. Il requiert une peine de deux ans de prison dont six mois avec sursis pour Anthony et huit mois de prison avec sursis pour Joël.

Finalement, le tribunal va aller au-delà des réquisitions pour Anthony en prononçant une peine de deux ans de prison ferme. Pour Joël, l'altération du discernement est reconnue, mais il écope de six mois de prison avec sursis. Les deux doivent payer solidairement les dommages causés aux 7 parties civiles, familles et gendarmes. Cela représente près de 4000 euros, sans compter le reste qui sera défini lors d'un renvoi sur intérêts civils.

Etiquettes : Les Makes | Saint-Louis

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