Saint-André : un lycée du tourisme ouvrira en 2028

La ministre déléguée chargée du tourisme, Nathalie Delattre, a confirmé ce lundi le soutien financier de l’État pour la création d’un lycée professionnel dédié aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie à Saint-André. L’établissement doit ouvrir à la rentrée 2028 et formera 522 élèves par an.
Aujourd’hui, les jeunes de l’Est souhaitant se tourner vers l’hôtellerie-restauration doivent se rendre dans l’Ouest, au lycée hôtelier Christian Antou ou au CENTHOR (CCI). Ce ne sera plus le cas dans un avenir proche, avec la mise en service prévue en 2028 du futur lycée à Saint-André.
« Ce lycée, c’est d’abord la réponse à un besoin de rééquilibrage territorial », commente Patrick Lebreton, président de l’IRT Tourisme et vice-président de la Région. Un équipement qui doit permettre de répondre à un « manque de personnel formé et motivé, c’est l’une de nos faiblesses sur le plan touristique ».
Un établissement complet
Le futur lycée accueillera 522 élèves par an, en formation initiale et continue. Ils bénéficieront de 28 formations allant du CAP au bac pro et techno jusqu’au BTS.
L’établissement comprendra un hôtel et un restaurant d’application, des ateliers de boulangerie et de pâtisserie, des laboratoires de sommellerie, des équipements sportifs ainsi qu’un internat de 204 lits.

Un investissement de 84 millions d’euros
Le coût total du projet est estimé à 84 millions d’euros : 51,4 millions financés par l’État, 16,6 millions par la Région, 15,7 millions par l’Europe et 150 000 euros par l’AFD. La commune de Saint-André met à disposition un foncier de plus de 2 hectares au Colosse, d'une valeur de 7 millions d’euros. Le lancement du chantier est prévu pour juin 2026.
L’État confirme son engagement
En ces temps de restrictions budgétaires, la ministre a tenu à rassurer : « Ma présence confirme l’intérêt de l’État. Oui, on connaît la situation financière, mais nous savons quels sont les secteurs majeurs, et l’éducation en fait partie. Nous confirmons notre participation », a indiqué Nathalie Delattre, interrogée à ce sujet.
Elle a rappelé le poids du secteur touristique dans l’île : « Avec plus de 556 000 visiteurs par an, c’est près de 4 % du PIB et 15 000 emplois générés. » Un secteur aussi en tension : « Plus de 3 000 emplois ne sont pas pourvus chaque année dans l’hôtellerie et la restauration. D’où la nécessité de former ici, à La Réunion. », chiffre et encourage la ministre.

Pour le local et l’international
Patrick Serveaux, président de l’UMIH Réunion, nuance mais alerte dans le même temps : « Nous ne sommes pas en tension comme en métropole, mais on commence à avoir des demandes et des offres d’emploi non satisfaites. Il est grand temps de former pour le marché local, mais aussi pour le national et l’international. La réalité des chiffres, c’est plus de 10 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail pour à peine 3 000 emplois, ce qui est déjà beaucoup pour le territoire. Il faut leur offrir autre chose, et il y a de véritables opportunités. Aujourd’hui, le monde est un village. »

Du cabri massalé plutôt que de l’importé
La présidente de Région, Huguette Bello, insiste : « On dit, on fait ! Le tourisme doit s’adapter aux nouvelles attentes avec comme fil conducteur d’encourager un tourisme durable et à taille humaine. Nous allons former les talents et les acteurs du tourisme de demain. »
Le maire de Saint-André, Joé Bédier, y voit « un acte fort de rééquilibrage du territoire » et une opportunité de valoriser « la richesse gastronomique et culturelle de l’Est ». À condition de faire découvrir aux touristes « le cabri massalé mangé dans la feuille banane, plutôt que des produits venus d’ailleurs complètement déconnectés ».
Un enjeu régional
L’IRT rappelle que le territoire a enregistré en 2024 près de 469 millions d’euros de recettes touristiques et l’accueil de 42 000 croisiéristes. Le futur lycée de Saint-André doit contribuer à mieux répartir l’offre de formation, à la professionnaliser et à renforcer l’attractivité de l’Est.


