Run Market : Entre 1 et 2 millions d'euros d'économies demandées aux salariés

Début août, les trois syndicats majoritaires au sein de Run Market (CGTR, CFDT et CFTC) avaient été avertis par la direction de sa volonté de mettre en place un accord de performance collective. Cet outil accompagne les restructurations, telles que les ruptures conventionnelles collectives ou les congés de mobilité. Il permet à l'employeur de modifier le contrat de travail des salariés et de sécuriser le licenciement de ceux qui refuseraient ces modifications, sans qu'un motif économique de licenciement soit exigé.
Run Market : Les 650 salariés vont devoir se serrer la ceinture
Une première réunion s'est tenue ce matin au siège de Run Market. Elle a été brève, mais elle a permis de mieux comprendre les efforts demandés aux 625 salariés de l'enseigne, répartis dans les quatre magasins de Saint-Denis, Sainte-Marie, Saint-Paul et Saint-André.
Acquis sociaux sur la sellette
Selon nos informations, la direction souhaite mettre en place un plan d'économies estimé entre 1 et 2 millions d'euros. Il n'est pas question de toucher au 13ᵉ mois, mais plutôt de revoir l'organisation du travail au sein de l'enseigne de grande distribution. « Cet APC consiste à demander aux salariés de contribuer à la relance pérenne de l'activité en procédant à des ajustements en matière de productivité, de flexibilité des horaires et des conditions de travail, tout en préservant l'emploi et en améliorant la compétitivité de l'entreprise », nous expliquait début août Régis Durieux, président de Make Distribution (Run Market). Il a ajouté : « L'APC comporte des mesures qui s'inscrivent dans le cadre du plan de restructuration à long terme de l'entreprise, si l'on veut atteindre un objectif de reprise pérenne".
Les premières esquisses de l'APC ont été présentées dans les grandes lignes. Les salariés risquent de devoir renoncer à certains acquis sociaux obtenus en dehors de la convention collective, tels que l'amplitude journalière, les pauses repas, les repos compensateurs, les primes d'astreinte, ou encore la prise en charge des arrêts maladie.
Ces économies risquent de faire grincer des dents les syndicats de Run Market. Une prochaine réunion est prévue d'ici la fin du mois de septembre, le temps que l'expert désigné par les syndicats analyse les résultats financiers présentés par la direction.
Pour rappel, la direction de Run Market cherche à réaliser des économies. En mai 2023, le tribunal de commerce de Saint-Denis a donné son feu vert pour l'homologation du protocole d'accord entre les créanciers et Run Market. 70 millions d'euros de dettes ont été effacés sur les 130 millions d'euros du passif initial. Une clause de retour à meilleure fortune a été actée, ainsi qu'un accord bilatéral d'étalement des créances des 200 fournisseurs de Run Market. Les premiers remboursements doivent être effectués cette année.


