Route Littorale en mer : Recours gracieux contre la DUP

Monsieur le Préfet de la Réunion
Hôtel de la Préfecture
Place du Barachois
97400 Saint Denis
Objet : recours gracieux
Monsieur Le Préfet,
Je vous adresse par la présente mon recours gracieux contre la Déclaration d’Utilité Publique que vous avez accordée au projet de nouvelle route littorale en mer.
Plus de deux cent millions auraient déjà été consacrés à l’étude de cette nouvelle route, probablement en pure perte pour la Réunion. Notre empressement à sécuriser d’urgence cette liaison St Denis-La Possession, ne doit pas nous enlever tout discernement.
Elle devait être "moderne, gratuite et sécurisée"
Contrairement à l’affirmation de la Région, la sécurité ne sera pas encore assurée !
On la voulait contre les chutes de pierres mais les départs des digues à La Possession et à St Denis restent toujours exposés. Et l’ensemble du projet, sa durabilité comme sa solidité, sera encore plus soumis aux menaces océaniques :
• Les digues sont toujours à la merci de l’appétit de la mer (trous de renard et dégradations des enrochements de "protection"). Et les dangereuses lames de nos hauts fonds déstabiliseront les viaducs.
• Que dire de la hausse minimale de la mer envisagée pour faire face au réchauffement du climat dont l’amplitude reste méconnue.
En outre la géologie réunionnaise invite les scientifiques à prévoir des "mégas tsunamis" par effondrement massif du côté de St Paul et de la Fournaise…
Serons-nous encore techniquement et financièrement, en mesure de reconstruire cet ouvrage pharaonique ?
Moderne ?
Le choix d’autoroute pharaonique n’est plus moderne de nos jours ! Il l’est pour l’époque révolue des trente glorieuses…
La Réunion peut-elle se permettre le luxe de techniques sophistiquées auxquelles l’oblige le seul choix d’un projet en mer ? Pourra-t-on se vanter d’avoir choisi les pires risques?
Gratuite ?
Une route sans péage. En définitive les Réunionnais présents et à venir seront seuls à payer la facture par leurs impôts, y compris ceux qui ne l’emploieront jamais. D’ailleurs avec l’inévitables augmentation de son coût et l’obligation d’un entretien perpétuel ruineux, pourra-t-on longtemps maintenir cette "gratuité" ?
Ne serons-nous pas ruinés financièrement parce-que captifs de ce projet monstre ?
Respectueux de l'envirronnement
La commission départementale de l’environnement n’a pu se départager sur l’impact du projet. Je me permets de vous rappeler, Monsieur le Préfet, que seul votre privilège d’une voix double, a permis d’arrêter une décision "positive".
Nous devons être alerté par le fait que cette commission ai été partagée et n’ai pas pu dégager à défaut d’un avis unanime, au moins un avis majoritaire !
Mon recours gracieux
Le choix de ce projet en mer, en définitif "monstrueux", a été retenu parce que toutes les autres alternatives y compris celle du tunnel ont été écartées d’un revers, sans justification suffisante lors des dernières consultations publiques. Le contribuable avait pourtant déjà financé des études concluantes comme je le rappelle ci-après.
• La commission d’expert internationaux choisi par l’Etat, préconisait en novembre 1998 : tunnels côté Saint-Denis, digue ou tunnel pour le reste du tracé vers La Possession.
• L’Etat et la Région s’était alors entendus sur une solution provisoire comportant une digue en mer et un tunnel côté Saint-Denis.
On peut donc légitimement douter du fondement de l’actuelle Déclaration d’Utilité Publique que vous avez accordée sans doute trop hâtivement au projet en mer, puisqu’elle a ignoré :
• Les incertitudes actuelles des capacités de financement régional,
• Les incertitudes des menaces océaniques,
• Un impact environnemental discutable pour la commission départementale compétente,
• Les préconisations différentes des experts internationaux,
• Les choix de l’Etat et de la Région en 1999 sur une solution provisoire combinant digue et tunnel et non digue et viaduc.
En respect de la continuité du service de l’Etat, je vous demande solennellement de suspendre cette DUP afin de permettre son réexamen en vue de son annulation qui s’impose au vu notamment de l’exposé ci-dessus.
Bruny PAYET


