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Rodéo sauvage au Port : jambe amputée, brûlures… co-auteurs et victimes à la barre

Ecrit par Lucas Candessoussens – le samedi 25 avril 2026 à 11H05
Image d'illustration.

Ce vendredi 24 avril, deux hommes devaient s’expliquer à la barre sur un grave accident de la route survenu lors du traditionnel défilé de Noël du Port. Un évènement officieux, où leurs deux motos se sont violemment percutées.

Nous sommes le soir du 24 décembre 2023, au Port. Sur les réseaux sociaux, un évènement est "organisé" par un riverain : un traditionnel défilé de deux-roues pour célébrer la fête de Noël.

Après le réveillon, Mickaël T. rejoint sa petite amie. Tous deux à moto, ils rejoignent le défilé pour profiter du spectacle. Traversant un terre-plein à vive allure, une moto surgit et les percute de plein fouet.

Lire aussi : Rodéo de Noël au Port : Deux jeunes brûlés après une collision

L’accident est impressionnant : les deux réservoirs des motos explosent. Mickaël T. est propulsé, victime de graves brûlures. Le conducteur de l’autre moto, Mike L., s’enfuit, en feu, de la scène de l’accident.

De lourdes séquelles

À la suite de cet accident, Mickaël T. s’en sort, mais pas sans mal : plusieurs mois d’hospitalisation, gravement brûlé, il doit être transféré à Paris au service des Grands Brûlés.

On est obligé de lui amputer une partie de sa jambe et, aujourd’hui encore, les séquelles sont nombreuses. Il écope de 12 mois d’ITT. Sa compagne, "par miracle" comme le rapporte le ministère public, s’en sort indemne.

Mike L., le conducteur arrivant à toute vitesse, fuit la scène de l’accident, alors que ses vêtements sont en train de brûler. Il se réfugie chez sa mère, qui le conduit aux urgences. Il écope de 7 jours d’ITT.

Consommation de cocaïne

Les deux hommes sont poursuivis pour blessures involontaires et pour leur participation à un rodéo sauvage. Ils ne contestent pas les faits face au tribunal.

Toutefois, Mike L., contrôlé positif à la cocaïne, apporte au tribunal une version différente de cette soirée. Alors qu’il avait dit le contraire pendant les auditions, le Portois assure ce vendredi avoir consommé de la cocaïne après l’accident, pour calmer les douleurs.

Son casier judiciaire, lui, fait état de 8 mentions, liées à des conduites addictives ou à des défauts de permis de conduire ou d’assurance. Qui plus est, il conduisait le deux-roues de l’un de ses dalons.

Mickaël T., lui, ne présentait pas de traces de stupéfiants dans son sang au moment des faits. Le jeune homme est par ailleurs inconnu des services de police. Il reconnaît avoir traversé par le terre-plein au moment de l’accident.

À deux doigts d’un homicide routier

Dans ce dossier, les deux co-auteurs sont également parties civiles. Lors de ses réquisitions, la procureure rappelle en préambule que l’issue de cet accident aurait pu être tragique.

En témoigne la violence du choc qui a enflammé les deux motos : elles ont terminé "carbonisées". Elle déplore le comportement de Mike L., qui est parti "courageusement". Le ministère public estime que la vitesse du conducteur a eu des conséquences "dramatiques", en témoignent les nombreuses séquelles touchant Mickaël T.

Elle requiert à son égard une peine de 4 ans de prison, dont deux ans assortis d’un sursis probatoire.

Concernant Mickaël T., la procureure estime que le jeune homme n’a pas participé au rodéo sauvage et requiert la relaxe sur cette infraction. En revanche, elle requiert une peine de 4 mois avec sursis pour les blessures involontaires.

Volonté d’insertion

L’avocat de Mickaël T. rejoint les propos du ministère public concernant cette relaxe de participation au rodéo sauvage. Il rappelle que son client y est allé en tant que spectateur et qu’aucun élément matériel n’existe.

Il présente Mickaël T. comme un jeune homme qui, à l’époque des faits, préparait son concours d’entrée dans la fonction publique. Aujourd’hui, les séquelles de l’accident lui interdisent toute profession en extérieur.

Concernant Mike L., son avocate invite le tribunal à ne pas lier la responsabilité aux conséquences, en indiquant qu’il est aussi victime dans ce dossier. Depuis sa dernière incarcération, l’homme fournit des efforts pour se réinsérer dans la société.

Le tribunal, après délibération, le condamne à une peine de 4 ans de prison, dont trois assortis d’un sursis probatoire et la suspension de son permis de conduire.

Mickaël T. est, lui, condamné à une peine de 4 mois de prison avec sursis et relaxé pour sa participation au rodéo sauvage.

Etiquettes : Le Port | Rodéo sauvage

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