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Responsabilité pénale de l’assassin de Vanina : Une longue bataille d’experts

Ridaï Mari, l'assassin présumé de la jeune Vanina dans des circonstances épouvantables, est-il un psychopathe ? D'abord considéré comme pénalement irresponsable, le trentenaire sanguinaire est en ce moment face à ses juges et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Ecrit par 2181159 – le lundi 07 février 2022 à 09H16

Examiné par un psychiatre au moment de sa garde à vue, le 4 mai 2018, Ridaï-Mdallah Mari était diagnostiqué « extrêmement dangereux ». L’expert concluait à l’abolition de son discernement et du contrôle de ses actes au moment des faits. L’assassin présumé était inaccessible à une sanction pénale. Fermez le ban, le trentenaire ne serait jamais jugé, jamais puni pour des faits d’une incroyable cruauté.

L’examen du professionnel avait conclu à la nécessité d’un internement dans une unité spécialisée, inexistante sur l’île, du fait de la dangerosité criminelle du jeune homme originaire de Sada, à Mayotte.

Suite à ces inquiétantes conclusions, une nouvelle expertise psychiatrique était réalisée en urgence par le même expert. Le 7 mai 2018, l’état du mis en cause semblait s’être nettement amélioré. L’expert n’avait pas été dupe. Il avait repéré la personnalité « manipulatrice » et « psychopathique » du sujet. Il établissait les mêmes conclusions que précédemment, Ridaï Mari étant toujours considéré comme un malade au sens psychiatrique du terme dont le rapport à la réalité était « altéré » du fait de sa maladie psychiatrique.

Dangerosité criminelle extrême

Un mois plus tard, un autre expert se cassait les dents sur le mis en cause. Ce dernier refusait d’être examiné.

En octobre 2018, la juge d’instruction ordonnait une nouvelle analyse du sujet par un duo d’experts. L’amélioration soudaine de l’état du sanguinaire, aux premiers jours de son incarcération, était expliquée par l’administration d’un anti-psychotique à la suite de son interpellation. Il était à nouveau conclu que Ridaï Mari était d’une dangerosité criminelle extrême. Son inaccessibilité à une sanction pénale était à nouveau posée. Un an plus tard, en juin 2019, une contre-expertise était ordonnée par la juge d’instruction en charge du dossier.

Une évaluation psychiatrique quotidienne 

Cette fois-ci, la maladie de l’accusé était clairement posée : une psychose paranoïaque entrainant des troubles de la personnalité, à savoir des délires, de la mégalomanie et de l’hystérie. « Les faits sont en lien avec ces éléments psychiatriques », explique le professionnel, soulignant cependant la capacité du trentenaire à comprendre le sens de ses actes et, ainsi, le sens d’une sanction pénale, nécessitant tout de même une évaluation psychologique et psychiatrique quotidienne dans un établissement pénitentiaire spécialisé.

Lors d’un jugement récent en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel pour des faits adjacents, Ridaï-Mdallah Mari a nécessité un transport spécial pour assister à son procès, mobilisant une escorte policière inhabituelle. Son comportement à l’audience qui va durer trois jours et demi pourra-t-il permettre au jury populaire de le juger en toute sérénité ?
 

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