Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : "Ils trouveront toujours un moyen"

Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : le Parlement a tranché. Dans les rues du Tampon, si plusieurs parents approuvent cette nouvelle loi, ils reconnaissent aussi qu'aucune interdiction ne remplacera leur vigilance et doutent de la capacité du dispositif à empêcher les jeunes de contourner les règles.
Le Parlement a définitivement adopté, le 21 juillet dernier, la loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le gouvernement prévoit une entrée en vigueur dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes, tandis que les comptes déjà existants devront se conformer à cette obligation à partir du 1er janvier 2027.
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Présentée comme une première en Europe, cette loi impose aux plateformes de vérifier l'âge de leurs utilisateurs afin d'empêcher les mineurs de moins de 15 ans d'accéder aux réseaux sociaux. TikTok, Snapchat, Instagram ou encore Facebook devraient être concernés, même si les contours exacts des services visés restent à préciser. Les plateformes conserveront le choix du dispositif de vérification de l'âge.
Dans les rues du Tampon, un constat revient toutefois chez plusieurs parents : si la mesure est jugée utile pour protéger les plus jeunes, ils doutent qu'elle suffise à empêcher les adolescents de contourner les restrictions.
Une protection bienvenue...
Karine, mère de deux enfants, voit dans cette loi un moyen supplémentaire de protéger les plus jeunes face aux dangers des réseaux sociaux. "Je pense que c'est une bonne chose. Les enfants sont sur Internet et sont exposés à beaucoup de choses. Avec les personnes malveillantes et les prédateurs qui peuvent les approcher via les réseaux sociaux, c'est mieux qu'ils soient davantage protégés." Mais pour elle, la responsabilité incombe avant tout aux parents. "Franchement, je pense que c'est avant tout le rôle des parents. Ce sont eux qui savent ce qu'ils doivent faire pour protéger leurs enfants."
Même constat pour Manuela, qui accueille favorablement cette nouvelle réglementation. "Je trouve que c'est une bonne loi. Mais aujourd'hui, les enfants ont beaucoup de stratégies pour contourner les sécurités qui seront mises en place. Je pense donc que c'est avant tout aux parents d'assurer la protection et la sécurité de leurs enfants." À ses côtés, sa fille Maëna apporte le regard d'une jeune génération ayant grandi avec peu de réseaux sociaux. " J'ai très bien vécu sans et je me suis rendu compte qu'en réalité, ce n'est pas un handicap." Elle reconnaît toutefois qu'il existe une pression sociale lorsque l'on n'est pas présent sur ces plateformes. "Aujourd'hui beaucoup de choses passent par les réseaux sociaux, notamment pour communiquer. Quand on n'y est pas, on peut parfois se sentir un peu mis à l'écart". Pour autant, elle estime qu'avant 15 ans, les jeunes ne disposent pas toujours du recul nécessaire.
Paola partage également cette inquiétude. " J'ai des enfants en bas âge qui ont accès au téléphone. Je suis favorable à cette loi parce qu'on ne peut pas avoir un œil sur eux en permanence. Les enfants sont tellement inconscients que, même si on leur donne des règles à respecter, on ne peut jamais vraiment savoir avec qui ils parlent derrière les écrans."
Loïc met lui aussi en avant les risques auxquels sont confrontés les mineurs. "Aujourd'hui, il y a un vrai problème de pédocriminalité. Beaucoup de prédateurs sexuels profitent des réseaux sociaux pour approcher les jeunes mais en même temps les réseaux sociaux peuvent permettre d'éveiller les consciences."
...mais une interdiction qui interroge
À l'inverse, Naïm ne croit pas à l'efficacité d'une interdiction. "Les enfants de moins de 15 ans trouveront toujours un moyen de contourner ces réglementations. Pour moi, c'est avant tout une question d'éducation et de responsabilisation des enfants. On ne peut pas les couper du monde."
Un point de vue partagé en partie par Jocelyne. Si elle comprend l'objectif poursuivi par le gouvernement, elle regrette une mesure qu'elle juge trop générale. "Honnêtement, ça part d'un très bon sentiment. Mais je trouve que c'est un peu radical. Je préfère que les parents puissent juger eux-mêmes de ce qui est bon pour leurs enfants."
Des témoignages qui mettent en évidence une interrogation récurrente : comment rendre cette interdiction réellement efficace si les adolescents parviennent à contourner les dispositifs de vérification de l'âge ?


