Réforme institutionnelle en Outre-mer : Emmanuel Macron ouvre la porte, les élus ultramarins restent prudents

Réunis mardi soir à l’Élysée, les élus ultramarins ont échangé avec Emmanuel Macron sur l’avenir institutionnel de leurs territoires. Une révision des articles 73 et 74 de la Constitution est évoquée, mais les divergences demeurent et plusieurs responsables ont boudé le rendez-vous.
Selon Outre-mer La 1ère, Emmanuel Macron a convié parlementaires, présidents d’exécutifs et représentants d’associations de maires d’Outre-mer à un dîner de travail autour de la question des évolutions statutaires. Les élus de Nouvelle-Calédonie étaient volontairement écartés, afin de ne pas interférer avec le processus en cours sur l’avenir de l’archipel. Le chef de l’État a annoncé la mise en place de groupes de travail avant la fin de l’année, centrés sur les territoires qui en expriment le souhait, notamment la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane.
Huguette Bello absente de la rencontre
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de « l’appel de Fort-de-France » lancé en 2022 par plusieurs présidents d’exécutifs ultramarins, pour réclamer une adaptation des politiques publiques aux réalités locales. Mais le scepticisme reste fort. Plusieurs responsables ont dénoncé un format jugé inadapté, à commencer par Huguette Bello, présidente de la Région Réunion, et Gabriel Serville, président de la Collectivité territoriale de Guyane, qui fustige un « mépris de classe » de la part de l’exécutif. D’autres, comme le sénateur guadeloupéen Victorin Lurel, ont expliqué leur absence en constatant « qu’aucune avancée » n’avait eu lieu depuis la précédente rencontre, rapporte l’AFP.
Lire aussi : L’Appel de Fort-de-France
Du côté des territoires, les projets restent inégaux. En Guadeloupe, une résolution en faveur d’une collectivité unique dotée d’un pouvoir normatif autonome a été adoptée en juin, sans consensus politique suffisant pour avancer. En Martinique, l’idée d’une autonomie élargie fait davantage consensus, avec un Congrès des élus prévu début octobre sur le sujet. En Guyane, le projet d’autonomie a repris de l’élan à l’été 2025, après avoir longtemps stagné.
En attendant, le président de la République mise sur ces groupes de travail pour ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle, tout en rappelant que celle-ci ne pourra aboutir qu’à condition de rassembler à la fois les élus locaux et une majorité nationale. Un horizon incertain, alors que les divisions persistent entre partisans d’une évolution institutionnelle et défenseurs du statu quo.


