Quatre mois de prison ferme pour le vol de la 106 abandonnée sur la RN2

Âgé de 21 ans, Luc* était inconnu de la justice. Vivant en couple, avec un enfant, il a également un CDI. Pourtant, se sentant"enfermé" dans cette vie de famille et s’échappait dans les stupéfiants. Il affirme d’ailleurs fumer du zamal depuis le CM2.
Le 22 août, il s’est illustré en s’introduisant dans un hôtel de Saint-Pierre où il a volé un sac à main dans une chambre. Interpellé par la police, il a eu droit à un rappel à la loi. Envoyé à l’hôpital pour des raisons de santé, il s’échappe, car "on l’obligeait à prendre des médicaments."
Deux jours plus tard, après une nuit où il a consommé à peu près l’ensemble des drogues en circulation dans l’île, il se pose à côté d’une boulangerie, car il avait faim. Vers 6h, il voit un client arriver et laisser les clés sur le contact. Il voulait retrouver sa copine et a donc vu là l’occasion de la rejoindre.
À la barre du tribunal, il détaille avec précision sa folle course qui aurait pu être dramatique. Il va certaines fois tiquer sur des détails inscrits sur la procédure, mais reconnaît l’ensemble des faits. Il déclare avoir mérité les "2-3 coups de poing" que lui auraient donnés les policiers. Il promet d’ailleurs de rembourser les victimes.
La procureure Caroline Calbo lui rappelle que "ce n’est pas 's’il faut rembourser', mais qu’il FAUT rembourser ! Car cela fait partie de la sanction pénale". La représentante du ministère public voit dans son témoignage "quelque chose d’artificiel, de factice". C’est pourquoi elle requiert une peine de 10 mois de prison, dont 6 avec sursis, 150 euros d’amende, ainsi qu’une obligation de soins et de rembourser les victimes.
Me Bruno Raffi va de son côté expliquer l’attitude de son client. "Les gens se défendent comme ils peuvent. S’il venait d’un milieu aisé, il aurait paru autrement devant vous, mais il a le bagage culturel qu’il a. Il ne vient pas d’une classe sociale qui a le verbe facile", explique la robe noire. Il ajoute que la prison risque d’avoir des "effets préjudiciables sur son esprit jeune et malléable".
Le tribunal va suivre les réquisitions et le condamner à 10 mois de prison, dont 6 avec sursis. La peine ferme pourra être aménagée avec le juge d’application des peines. Il a également des obligations de soins, de rembourser les victimes, de travailler et de rembourser les sommes dues au Trésor public.
Enfin et surtout, il va devoir composer avec la peine que va lui infliger la mère de son enfant, qui a été ravie d’apprendre qu’il "se sent enfermé dans sa vie de famille depuis 6 ans".
*Prénom d'emprunt


