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Quand les joueurs paient eux-mêmes les arbitres : la réalité du Futsal à La Réunion

Ecrit par Gaëtan Dumuids – le dimanche 25 mai 2025 à 13H13

À L’Entre-Deux, le club de Futsal Pieds Carrés enchaîne les victoires mais peine à boucler son budget. Un exemple criant du manque de reconnaissance du futsal à La Réunion, souvent relégué derrière les autres disciplines collectives.

Né en 2021 de l’initiative de deux amis d’enfance, le club Pieds Carrés Association s’est imposé en trois saisons comme une référence du Futsal à La Réunion. Basé à L’Entre-Deux, le club s’est construit autour de valeurs fortes : respect, partage et convivialité. Une philosophie en rupture avec les expériences parfois violentes ou frustrantes vécues par ses fondateurs dans le football amateur.

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Depuis sa création, l’équipe a tout raflé : triple championne de la zone Nord en Division d’Honneur et sacrée « champion au sommet » en 2023. Quatre de ses joueurs ont même représenté l’île lors d’un tournoi international à Majorque, en mai dernier.

Un outil social dans les hauts du Sud

Plus qu’un simple club sportif, Pieds Carrés agit comme un véritable acteur social dans son quartier. En 2024, le club a doublé son nombre de licenciés en allant chercher les jeunes directement dans la rue. « On a motivé les jeunes à se bouger. Certains passaient leurs journées à fumer du zamal, aujourd’hui ils sont engagés et deviennent de très bons joueurs », explique Florent Dijoux, président de l’association.

Mais malgré ces résultats et cet impact positif, le club se heurte à un mur : le manque de moyens. La saison 2024 ne dispose pour l’instant que de 1.500 euros de budget, essentiellement issus de sponsors locaux. Une somme insuffisante pour couvrir les frais courants d’une saison, estimés entre 5.000 et 10.000 euros. « Ce sont les joueurs qui payent les arbitres de leur poche », déplore Florent Dijoux.

Le parent pauvre des sports collectifs

Ce désintérêt pour le futsal ne se limite pas à l’aspect financier. Les créneaux dans les gymnases sont attribués en dernier, après le basket et le handball. Résultat : les entraînements se déroulent souvent tard le soir. Même la Ligue Réunionnaise de Football semble négliger la discipline. « On nous informe parfois le lundi qu’on doit jouer à Saint-André le jeudi à 20h30 », témoigne le président.

Toutes les équipes de futsal seraient concernées par ce traitement de second plan, malgré une popularité grandissante auprès des jeunes et un réel potentiel de structuration sociale dans les quartiers.

Aujourd’hui, Pieds Carrés cherche des partenaires, des sponsors ou simplement un peu plus de reconnaissance des institutions. Car comme le rappelle Florent Dijoux : « Ce qu’on fait, c’est plus que du sport. C’est un outil d’insertion et de cohésion. » Le ballon roule, mais sans soutien, il pourrait vite s’arrêter.

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Etiquettes : Futsal

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