Revenir à la rubrique : Economie

Projet de réaménagement des eaux pluviales : L’aéroport de Pierrefonds prié de revoir sa copie

Le 23 septembre dernier, l’Autorité environnementale a rendu son avis sur le projet de réaménagement et la mise en sécurité du réseau des eaux pluviales de l’aéroport de Pierrefonds. Outre les impacts sur la faune et la flore de ce projet, qui prévoit des travaux en amont de la piste sur environ 15hectares, elle demande des précisions sur "les effets cumulés" sur une zone déjà soumise à une forte pression. Aux carrières, centre d’enfouissement des déchets, centrales à béton ou de concassage il faut ajouter les projets de ZAC, de parc photovoltaïque ou d’ usine d’incinération, note l’instance.

Ecrit par – le mercredi 30 septembre 2020 à 08H42

En demandant à réaliser des travaux d’aménagement et de mise en sécurité du réseau des eaux pluviales sur la plateforme aéroportuaire du sud, le Syndicat mixte de Pierrefonds a dû se soumettre à une évaluation environnementale demandée par le préfet.

Le chantier consiste à des opérations de terrassement et d’extraction de matériaux afin d’éloigner le fossé actuel de la piste d’envol et de permettre l’entretien mécanique des espaces verts. Un chantier qui risque d’impacter principalement la bordure de savane dans laquelle est implantée l’Indigofera diversifolia, « espèce végétale protégée à La Réunion, très rare et en danger critique d’extinction« . Si dans son avis, l’Autorité environnementale entend que la destruction de la plante « sera évitée », elle recommande « de prévoir des mesures d’évitement complémentaires en particulier durant la phase d’exploitation ». Des compléments d’inventaires devront également être réalisés. Une autre plante protégée, le Zornia gibbosa se trouve aussi dans le secteur du projet. 

L’enjeu pour la faune est qualifié de « moyen à fort » en particulier pour l’Oiseau blanc. Sur le site, la Salangane des Mascareignes, l’Hirondelle des Mascareignes et la Tourterelle malgache chassent et s’y reproduisent. Si le pétitionnaire a prévu des mesures d’évitement ou de compensation, l’Autorité souligne  « toutefois que leur substitution par une zone entretenue, couverte en partie de panneaux photovoltaïques, entraînera une destruction d’habitats. Cette destruction, même si elle est de faible surface, conduira à une diminution nette de la capacité à se nourrir pour les espèces concernées, et par voie de conséquence à une diminution du nombre total d’individus ». En effet, sur trois sites délaissés de l’aéroport loués par le Syndicat mixte de Pierrefonds à la société Quadran filiale du groupe Total, un projet de construction d’une centrale photovoltaïque est dans les tuyaux.  

Un projet qui s’ajoute à d’autres déjà réalisés ou en cours: la ZAC, l’usine d’incinération, les centrales à béton, l’installation de concassage ou encore la voie des carriers. « Or, le cumul des différents projets sur le secteur de Pierrefonds conduit à une diminution importante des habitats naturels qui n’a pas été étudiée ». L’Autorité de l’environnement demande donc  « de compléter substantiellement l’analyse des effets cumulés du projet avec les autres projets connus sur la biodiversité, notamment sur les oiseaux et les chauves-souris, et d’en déduire des mesures d’évitement, de réduction ou de compensation proportionnées aux impacts subis par ces espèces à l’échelle du secteur de Pierrefonds ».  

 

Thèmes :
Partagez cet article:
S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Prix à la consommation : +16,7 % pour les produits frais en janvier

En janvier, l’indice des prix à la consommation s’est stabilisé à La Réunion après trois mois consécutifs de hausse. Conséquence du passage du cyclone Belal, les prix de l’alimentation repartent à la hausse. Une hausse principalement portée par celle des produits frais.

Au Royaume-Uni, la semaine de 4 jours séduit salariés et patrons

Un an après le terme d’une expérience grandeur nature, de nombreuses entreprises britanniques ont choisi de maintenir la semaine de 4 jours à 32 heures de travail. L’efficacité du dispositif semble aussi bien convaincre les employeurs que les salariés.