Procès des "coupeurs de route", la fin d'un cauchemar pour Mayotte

Fusil sur la tempe, voiture incendiée, chauffeur ligoté et enlevé... L'énoncé des faits qui se déroule depuis deux jours devant la cour d'Assises des mineurs de Mamoudzou a de quoi donner des frissons. Au rôle, 9 accusés. A la barre, 7 présents. A la clé, une semaine entière d'audience pour des faits majeurs dans l'histoire de Mayotte.
Il faut remonter à 2016, peu après des faits de décasage dans le Sud qui ont défrayé la chronique, une série de vols avec violence terrorise la population. Attaque après attaque, il apparaît qu'au moins une bande d'une dizaine d'individus sillonne l'île la nuit, avec un modus operandi implacable. Les bandits de grand chemin se cachent de nuit au bord de grands axes routiers. Peu avant l'aube et l'heure des bouchons, ils barrent la route avec des branches, et se jettent sur les premières voitures qui s'y trouvent coincées. Plusieurs victimes présentent depuis un choc post traumatique, les butins, très variables, peuvent atteindre des milliers d'euros. Et presque aucun coin de l'île n'est épargné par ces attaques.
Heureusement pour les enquêteurs, les malfrats ont laissé dans leur sillage de nombreuses traces ADN. L'un d'eux a même laissé son propre caleçon sur le lieu d'un braquage. C'est ainsi qu'une dizaine d'auteurs présumés ont pu être identifiés, et, au terme d'une bien longue enquête, présentés devant la cour d'Assises des mineurs, deux d'entre eux étant mineurs à l'époque.
Le procès est prévu pour durer jusqu'au 22 mars. Pour les parties civiles, ce sera la fin d'un cauchemar. Mais pour tout Mayotte aussi, car ce phénomène de coupeurs de route, s'il n'a duré que quelques mois, aura profondément marqué la population et diffusé durablement le sentiment d'un danger permanent. Les principaux accusés eux, encourent jusqu'à 30 ans de réclusion.


