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« Plus de trois milliards d'euros » retirés en espèces à La Réunion en 2023

Les Réunionnais ont retiré plus de 118 millions de billets dans les distributeurs ou les guichets de banque l'année dernière, selon l'IEDOM. La Banque centrale européenne réfléchit une alternative gratuite dénommée euro numérique, afin d'échapper à la mainmise des fournisseurs de cartes bancaires américains.
Ecrit par T.L. – le jeudi 15 février 2024 à 16H49

Garantie d'anonymat, meilleur contrôle sur les dépenses, absence de frais supplémentaires : payer en espèces demeure une habitude ancrée chez 24% des Réunionnais, qui déclarent préférer utiliser ce mode de paiement dans les magasins. Un chiffre supérieur de 10 points à celui des Français de l'Hexagone (14%), selon l'enquête Space-R (Study on the payment attitudes of consumers in the euro area) réalisée par Sagis entre le 15 novembre et le 13 décembre 2022 auprès de 1.050 Réunionnais.

Selon l'IEDOM, la filiale de la Banque de France dans les Outre-mer, plus de 118 millions de billets de banque ont été retirés l'an dernier dans les distributeurs automatiques et les guichets des agences bancaires de l'île, un chiffre en très légère augmentation par rapport à 2022. « On ne communique pas sur les montants, mais cela représente plus de 3 milliards d'euros », assure Philippe La Cognata, directeur de l'IEDOM Réunion.

Selon l'étude, les billets les plus utilisés sont ceux de 20 euros (45%), devant ceux de 50 euros (35%), tandis que les grosses coupures (100, 200 et 500 euros) ne représentent que 1% des billets émis par L'IEDOM.

Concernant les utilisateurs plus portés sur les paiements dématérialisés, 4% déclarent posséder des crypto-actifs (contre 3% dans l'Hexagone) et s'en servir principalement pour des projets d'investissement (22% les utilisent exclusivement pour du paiement). L'IEDOM emploie à dessein le terme de crypto-actif au lieu de l'expression couramment employée de crypto-monnaie, en déniant l'aspect de monnaie à ces dispositifs qui échappent au contrôle des États et des banques centrales.

Comme partout dans le monde, le paiement via des applications sur smartphone gagne du terrain. Il s'imposera sans doute un jour comme la norme. Mais l'Union européenne planche sur un projet de dispositif de paiement dématérialisé, l'euro numérique, qui échapperait à l'hégémonie des firmes américaines de cartes bancaires.

L'euro numérique serait « une monnaie banque centrale numérique qui aurait toutes les facultés de banque centrale : gratuite et utilisable chez tous les commerçants, elle constituerait une alternative au billet », expose Philippe la Cognata.

 

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