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Parcoursup : la sénatrice Évelyne Corbière veut mettre fin aux "discriminations et à l’opacité"

Ecrit par Zinfos974 – le vendredi 27 février 2026 à 09H41

La sénatrice de La Réunion Évelyne Corbière Naminzo dénonce les inégalités générées par la plateforme Parcoursup et défend une proposition de loi visant à rendre les critères de sélection transparents, à instaurer la gratuité des vœux et à garantir l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur.

Dans un communiqué diffusé depuis Paris, la sénatrice Évelyne Corbière Naminzo estime que « l’instauration de la plateforme Parcoursup par la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants de 2018 a entraîné de nombreuses discriminations dans l’accès à l’enseignement supérieur ».

Elle rappelle que « 6% des bacheliers n’ont reçu aucune proposition d’admission à l’issue de la phase complémentaire (dernière phase) de Parcoursup, ce qui correspond à un peu plus de 20.000 jeunes sans place au sein d’une formation ». Selon elle, « le mécanisme Parcoursup conduit d’autres élèves à accepter une formation qui n’était pas conforme à leurs choix ».

La sénatrice souligne également que « 57% des bacheliers sont en échec lors de leur première année d’études selon le Ministère de l’enseignement supérieur ». À La Réunion, ajoute-t-elle, « 41.000 jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) ». Pour l’élue, « ces chiffres traduisent l’incapacité de l’enseignement supérieur à répondre à la demande sociale d’accès au savoir ».

« La sélection n’est plus l’exception : elle devient la règle »

Dans son communiqué, Évelyne Corbière-Naminzo considère que « la sélection n’est plus l’exception : elle devient la règle, même dans les filières supposées non sélectives ». Elle estime que « les lycéens et lycéennes sont traités dorénavant comme des candidats à l’enseignement supérieur » et que « l’enseignement supérieur n’apparaît plus comme un service public garantissant l’émancipation et l’égalité des chances, mais comme un secteur économique soumis aux règles de l’offre et de la demande ».

Elle invoque également le cadre constitutionnel, rappelant que ces logiques « entrent en contradiction avec l’article 13 du Préambule de la Constitution de 1946, qui affirme que “la Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture” ».

La parlementaire réunionnaise estime que ce « mécanisme de sélection opéré par Parcoursup s’inscrit dans un contexte de réduction des places dans l’enseignement supérieur, alors que les bacheliers souhaitant poursuivre leurs études sont de plus en plus nombreux et que les demandes d’inscription ne cessent d’augmenter ».

Transparence, gratuité et distanciel pour les Outre-mer

Autre point soulevé : le fonctionnement même de la plateforme. « Le mécanisme de Parcoursup repose sur des algorithmes et des critères de sélection opaques, comme l’a dénoncé le Conseil Constitutionnel », écrit-elle. « Face à ce manque de transparence, je demande avec cette Proposition de Loi à ce que les critères et les modalités de sélection soient visibles par tous les candidats. »

La sénatrice affirme aussi que « le mécanisme de la plateforme Parcoursup reproduit les inégalités sociales ». Elle pointe « le coût de l’inscription à certains vœux » qu’elle juge « dissuasif pour de nombreux élèves ». Selon elle, « Parcoursup ne sélectionne pas les meilleurs élèves, mais les plus favorisés ».

Elle annonce ainsi vouloir « inscrire dans la loi la gratuité de l’inscription aux vœux, pour mettre fin à une discrimination financière honteuse ». Son objectif : « qu’aucun élève n’ait à renoncer à une formation qui l’intéresse à cause du coût de la candidature ».

Aussi, elle dénonce les entretiens en présentiel « indispensables pour accéder à certaines formations », qu’elle qualifie de « source de discrimination majeure » pour « de nombreux lycéens scolarisés en Outre-mer ou dans un établissement français à l’étranger », « dans l’impossibilité matérielle et financière de se rendre dans l’Hexagone pour les entretiens de sélection ». Elle propose que « Parcoursup centralise ces entretiens, et que ceux-ci puissent se dérouler en distanciel ».

« Je refuse que notre système d’accès à l’enseignement supérieur reproduise et accentue les inégalités de naissance », affirme-t-elle. « Avec ce texte, je souhaite garantir à chaque élève qui le désire une place dans l’enseignement supérieur public, dans une formation qui correspond à ses capacités et à ses aspirations. » Elle dit vouloir « mettre fin au tri social opéré par la pénurie de places, l’opacité de la plateforme, la marchandisation de l’accès à l’enseignement supérieur et l’éviction des candidats hors Hexagone des épreuves de sélection ».

Et de conclure : « L’enseignement supérieur doit être un bien commun, un véritable service public garanti à tous. »

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