"Olaf, délit de sale gueule"

Courrier des lecteurs
J’étais assez heureux chez mon éleveur. Ma mère une vraie staffy s'occupait de sa portée et quand le maitre venait nous sortions de façon désordonnée pour lui faire fêtes !
A un peu plus de deux mois et la mère chien commençait a en avoir assez de s'occuper de nous ce qui est normal car nous cherchions notre indépendance. Il se passa plusieurs choses que nous ne comprenions pas mais finalement je me retrouvais dans une belle voiture toute brillante, chez un nouveau maitre.
J'étais fier dans mon pelage gris. Mon nouveau propriétaire était fier également et a plusieurs reprises il me mit une laisse pour me promener dans le chemin. Il y avait plein de nouvelles odeurs et des gens qui passaient.
Un jour un Monsieur s’arrêtât :
-vous avez un bien beau chien.
-Oui mais j'en ai peur répondit la femme du propriétaire. Celui ci ne répondit rien mais resserra un peu plus la laisse. Je compris ce jour là qu'il ne me faisait pas confiance non par méchanceté mais par ignorance.
Je ne m’amusait pas beaucoup car j’étais souvent seul. Mais a deux reprises j'arrivais a sortir du jardin qui n'étais pas bien clôturé, mais un passant me ramena chez mon propriétaire. Comme tous les chiots je me mis a mordiller des bouts de bois, c’étaient des meubles, puis a faire des trous dans le jardin qui d'ailleurs n’était pas cultivé. Il y avait ensuite beaucoup de cris que je ne comprenait pas. Et toujours après cela on m'enfermait dans un appentis qui servait de débarras.
Et le temps passa et on ne me sortait plus. Mon caractère s’était aigris, j'étais triste et anxieux . Mon propriétaire ne venait me voir que pour remplir une écuelle de croquettes et de l'eau. Le temps passait monotone. J'entendais parfois les aboiements joyeux de congénères qui passaient non loin.
Mes griffes que je ne pouvais pas user en marchant s’allongeait et me faisaient mal. Mon dos s'affaissait je n'avais pas de forces. Je n avais que le sol en béton pour dormir et je faisais mes besoins dans cette pièce.
De l’éducation de ma mère chien j'avais appris a ne pas faire mes besoins a proximité du lieu ou je mange et je dors. Je souffrais .
Un jour il y eut des éclats de voix et mon propriétaire vient en courant nettoyer cet appentis. Quelqu'un se souciait de moi peut être.
Cela fait maintenant quatre ans que je suis dans cette pièce. Je ne peux renifler aucune odeur nouvelle. Je ne peux courir, jouer, garder, être regardé, recevoir une caresse bienveillante. Je vis dans la solitude et la manque d'affection. Il y a dans un coin un tabouret sous lequel je me cache lorsque j'ai peur. La peur peut me rendre agressif. Je n'ai pas de panier où dormir. J'ai froid sur ce ciment.
Je regarde le béton gris, sale et puant. Je sais que bientôt si rien n'est fait je me coucherai là pour ne plus me réveiller. J'aurai passé ma vie en prison à cause de l'orgueil et de l'ignorance d'un humain.
J.F.Beaufrere
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