Nouvelle Calédonie : Manuel Valls reste "déterminé" après la décision des indépendantistes du FLNKS

Manuel Valls ne se dit pas surpris de la décision du FLNKS de refuser le projet d'accord de Bougival prévoyant notamment la création d’un Etat de Nouvelle-Calédonie et d’une nationalité calédonienne sans toutefois prévoir de nouveau référendum sur l’indépendance. Ce dernier point suscite le point de désaccord de la part des militants indépendantistes du FLNKS.
Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, réagit ce mercredi à la décision du FLNKS de rejeter l’accord de Bougival et de refuser de siéger au comité de rédaction prévu pour en préciser et approfondir le contenu. S’il prend acte « sans surprise » de cette position, il juge le choix « incompréhensible » et estime qu’il « tourne le dos à la recherche de consensus » avec l’ensemble des partenaires, indépendantistes et non-indépendantistes.
Le FLNKS, qui souhaite toutefois maintenir un dialogue bilatéral avec le gouvernement, est invité par Manuel Valls à expliciter ses motivations. « Ma détermination reste intacte. Ma mission est claire : parvenir à une solution d’avenir pour la Nouvelle-Calédonie, sans céder à la menace de la violence ou du blocage », assure-t-il ce 13 août, affirmant privilégier « l’écoute » et « le respect de l’identité de chacun, y compris celle du peuple kanak ».
Eviter le « statu quo » ou « l’impasse »
« Je ne cherche aucun passage en force. Je ne tomberai pas dans le piège des mots qui blessent et dans la confrontation. J’aime la Nouvelle-Calédonie, je respecte profondément l’identité de chacun et évidemment celle du peuple kanak. Contrairement à ce que je peux lire, la reconnaissance de l’identité kanak n’est pas remise en cause : elle est préservée. Le texte le réaffirme clairement en rappelant que les accords de Matignon-Oudinot et de Nouméa constituent "des acquis historiques" et en précisant que « les dispositions de l’Accord de Nouméa qui ne sont pas contraires au présent accord demeurent en vigueur. Mais nous mettrons en œuvre le projet de Bougival », explique-t-il.
Le ministre rappelle que l’accord de Bougival introduit des avancées inédites : un État calédonien doté d’une loi fondamentale, de compétences en relations internationales dans son champ de compétences, d’une nationalité propre et d’un mécanisme de transfert de compétences régaliennes soumis à l’approbation des Calédoniens.
Un déplacement la semaine prochaine
Appelant à éviter le « statu quo » ou « l’impasse », Manuel Valls met en garde contre les conséquences d’une absence d’accord : fragilisation économique, crise du nickel, pénurie de soignants et creusement des inégalités. Il souligne que d’autres forces politiques — Loyalistes, Rassemblement, Calédonie Ensemble, Éveil Océanien et UNI-Palika — soutiennent l’accord et entendent respecter leur engagement.
Attendu la semaine prochaine sur le territoire, le ministre prévoit de rencontrer les délégations politiques, le Sénat coutumier, les élus locaux, les acteurs économiques et sociaux, ainsi que les personnels de santé. « Ma porte reste évidemment ouverte pour comprendre les raisons peu explicites de ce choix incompréhensible », reste-t-il ouvert au dialogue.


