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Nou la fé élargit son label aux services pour renforcer l’ancrage local

Ecrit par J.D. – le jeudi 2 octobre 2025 à 15H07

Le label Nou la fé, créé en 2009 pour distinguer les produits réunionnais, s’ouvre désormais aux entreprises de services. Une évolution qui répond aux attentes des professionnels et des consommateurs, et qui vise à faciliter l’accès aux marchés locaux.

Seize ans après son lancement, le label Nou la fé franchit une nouvelle étape. « En 2009, nous avons voulu permettre aux produits locaux de se démarquer des importations. Aujourd’hui, les services subissent la même concurrence déloyale avec des emplois délocalisés vers des pays où les coûts sont bien inférieurs. Les entreprises réunionnaises de service veulent se différencier, et nous avons plaisir à les accueillir », a expliqué Thierry Reydellet, secrétaire général de l’Adir.

Le succès du label n’est plus à démontrer : 50 entreprises, 120 marques et plus de 5.000 produits labellisés. « Neuf Réunionnais sur dix connaissent Nou la fé, le logo influe directement sur l’acte d’achat. 82 % valorisent le savoir-faire et 89 % considèrent qu’il contribue au maintien de l’emploi. Il y avait une vraie attente pour l’ouverture aux services », a rappelé Jean Larrègle, coordinateur du label.

« Nous devons trouver les moyens de nous différencier »

Pour les entreprises intéressées – commissaires aux comptes, experts-comptables, bureaux d’études, centres de formation, cabinets RH ou juridiques – les critères sont stricts : siège social sur l’île, effectifs à 90 % implantés localement, au moins 40 % du chiffre d’affaires consacré à la masse salariale, et un audit indépendant avec 24 critères obligatoires et 6 complémentaires. « Défendre la production locale de services sera crucial dans les prochaines années. La majorité des secteurs productifs, ce sont désormais les services. Face à la concurrence nationale et internationale, nous devons trouver les moyens de nous différencier », a souligné Laurent Lemaître, président du Synter.

Un constat partagé par les professions réglementées. « Les commissaires aux comptes sont des acteurs discrets mais essentiels de l’économie : 130 professionnels certifient chaque année 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 60.000 emplois. Ce label est une évidence et reflète pleinement nos missions. Faire confiance à ce label, c'est faire confiance à la dynamique économique du territoire », a indiqué Laurielle Moussa, présidente de la CRCC.

Même tonalité du côté des experts-comptables : « Notre profession est exposée à la concurrence extérieure. Nous sommes 280 sur le territoire et nous accompagnons les projets de croissance locale. L’accord APE (Accord de partenariat économique avec des pays étrangers, NDLR) ouvre la porte à des prestataires étrangers, le label devient une évidence : il reflète nos missions et garantit la qualité des services réunionnais », a estimé Karim Moussa, conseiller à l’ordre.

Pour Élodie Cortes, présidente du Cinov Réunion-Mayotte, « le label séduit aussi par son aspect qualitatif. Il permet de défendre les intérêts locaux face à la concurrence hexagonale et d’apporter aux donneurs d’ordre un repère clair dans leurs choix de prestations ».

Enfin, Thierry Reydellet rappelle l’enjeu stratégique dans les marchés publics : « Montrer patte blanche sur la RSE, sur l’ancrage territorial est souvent une contrainte. Avec Nou la fé, cette contrainte devient une opportunité : la labellisation facilite l’accès aux marchés et renforce la confiance des commanditaires. »

Les premiers audits sont prévus en novembre et les premiers services labellisés pourraient être annoncés dès le mois de décembre.

Etiquettes : Adir

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