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Notes de lecture : "Les oubliés" de John Grisham, P… de suspense !

Ecrit par zinfos974 – le mardi 11 janvier 2022 à 07H57

Ken Follett, qui s’y connaît un peu, considère Grisham comme le plus grand auteur de thriller contemporain. Pour ma part, j’y ajouterai le nom de Dan Brown dont le « Da Vinci code » ou « Origines » se posent un peu là également. Ceci établi, il faut bien admettre que ces « Oubliés » sont un des très grands ouvrages du genre.

De la première ligne à la dernière, l’auteur a saisi son lecteur au colbac et ne le lâche plus. Tout au long des quelque 400 pages, la tension se fait de plus en plus lourde, l’intensité dramatique enfle sans cesse, et on a bien du mal à se libérer de ces paragraphes où l’on se demande sans cesse ce qui va bien pouvoir arriver au héros.

Ce dernier, avocat et pasteur, membre d’une société de défense des accusés injustement condamnés à de très lourdes peines (sinon la mort, carrément), s’attaque frontalement au système judiciaire américain avec un admirable souci du détail. Tout est vrai de A à Z dans ce polar exaltant : de telles sociétés existent réellement aux USA, pays comptant plus de deux millions de prisonniers dont les deux tiers de Noirs.

Dans une ville raciste du Sud, un avocat a été affreusement assassiné et un shérif véreux autant que maffieux a vite fait de bricoler tout un système de fausses preuves permettant à un jury de Blancs de condamner à la hussarde un Noir qui n’y est pour rien. Son seul défaut est de présenter un profil-type de coupable, ce qui arrange bien tout le monde dans un Sud yankee semblant avoir oublié que la ségrégation raciale a, logiquement, disparu. Tu parles !

S’il a échappé de justesse au Couloir de la mort, il a quand même le temps d’effectuer 22 ans de gnouf avant que son cas ne parvienne aux oreilles des défenseurs de l’impossible.

Je ne vais pas vous dire le reste… On ressent un très fort malaise au fil des pages, à constater que le système judiciaire américain n’a qu’un lointain rapport avec les idéaux de progrès et d’humanisme voulus par les pères de la Nation. Lincoln doit s’en retourner dans son cercueil, lui qui fut un très grand avocat et l’artisan premier de la libération des esclaves américains.

Instruction à charge, utilisation de témoins tirés de leur geôle, fabrication de fausses preuves… tout y est. Il n’y a guère que les Brésiliens qui aient trouvé plus rapide et moins cher avec les Escadrons de la Mort, sinon les lois russes ou philippines. 

Tout en haletant d’impatience, on en apprend à chaque page (et c’est plus que passionnant) sur des pratiques paraissant à mille lieues des nôtres… qui ne sont pas toujours parfaites non plus.

Toujours est-il que je ne peux que vous recommander très chaudement cette lecture.

J.B.

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