Moins d'exploitations agricoles à La Réunion, mais des fermes plus grandes et plus spécialisées

En trois ans, l’île a perdu plus de 400 exploitations agricoles, selon l’étude publiée en juillet 2025 par Agreste et la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DAAF) de La Réunion. Une restructuration progressive du secteur s’opère : les microexploitations reculent, tandis que les moyennes et grandes fermes gagnent du terrain. La culture de la canne continue de décroître, au profit des fruits et légumes.
Entre 2020 et 2023, le nombre d'exploitations agricoles à La Réunion est passé de 6.282 à 5.878, soit une baisse moyenne de 2,36 % par an. Ce recul s'explique principalement par la disparition des petites structures, en particulier des microexploitations dont le nombre a chuté de plus de 5,5 % chaque année. À l’inverse, les exploitations moyennes et grandes progressent respectivement de 5,76 % et 3,23 % par an, traduisant une concentration croissante du secteur.
Surfaces agricoles dédiées aux fruits et légumes en hausse
Cette évolution impacte directement la surface agricole utile (SAU), qui perd entre 1.100 et 1.800 hectares selon les sources. La réduction des surfaces en canne à sucre, encore majoritaire avec plus de 17.500 hectares cultivés, est en grande partie responsable de cette baisse. Mais les surfaces en fruits et légumes progressent, avec une hausse de 15 % sur la période. Le développement de la culture sous serre et l’augmentation de 8 % des surfaces en légumes de plein champ témoignent de cette dynamique.
Le profil des exploitants évolue également. En 2023, La Réunion compte 6.154 chefs d'exploitation, contre 6.595 trois ans plus tôt. Si la moyenne d’âge reste stable autour de 50 ans, la tranche des 40-60 ans recule nettement, alors que les moins de 40 ans et les plus de 60 ans progressent. La féminisation du secteur s'effrite légèrement : la part des femmes chefs d’exploitation passe de 18 % à 16,6 %.
Le monde agricole réunionnais continue aussi de se transformer dans ses modes de production. Les exploitations spécialisées dans les cultures végétales restent largement majoritaires (70,9 %), tandis que les exploitations mixtes gagnent du terrain. L’agriculture biologique concerne désormais 7,6 % des exploitations (contre 5,8 % en 2020), mais les circuits courts perdent du terrain, passant de 45,1 % à 40,5 % des exploitations.
Enfin, l’emploi permanent sur les exploitations recule lui aussi : 11.234 personnes y travaillent en 2023, soit une baisse de 2,6 % sur trois ans. La part des salariés permanents non familiaux reste modeste, à 17 % des équivalents temps plein. Ce recul s’explique notamment par la diminution des exploitations cannières, la mécanisation accrue et les difficultés de recrutement, malgré les aides mises en place.


