Meurtre raciste dans le Var : le Parquet antiterroriste saisi, aucun précédent en France

L’assassinat d’un Tunisien à Puget-sur-Argens, survenu samedi 31 mai, est désormais qualifié d’acte terroriste à motivation raciste. L’auteur présumé, un Français de 53 ans aux idées d’ultradroite, avait publié des vidéos de haine avant de passer à l’acte.
Samedi dernier, à Puget-sur-Argens dans le Var, Ichem, un homme d’origine tunisienne, a été abattu de plusieurs balles à son domicile par un de ses voisins, un Français de 53 ans. Un autre habitant du quartier, de nationalité turque, a également été grièvement blessé. L’attaque, dont le caractère raciste ne fait plus de doute, a été revendiquée par son auteur dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, où il appelait explicitement à “tuer les Arabes”.
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Le suspect, identifié comme Christophe B., a pris la fuite après les tirs, avant d’être interpellé par le GIGN. Dans sa voiture, plusieurs armes légalement détenues ont été retrouvées, dont un pistolet automatique, un fusil à pompe et une arme de poing. Inconnu des services de police, l’homme est décrit comme adepte du tir sportif, mais aussi comme un sympathisant d’extrême droite affichant des convictions nationalistes et xénophobes.
Un mobile raciste revendiqué
Les témoignages recueillis dans le voisinage font état de comportements inquiétants depuis plusieurs mois. La victime aurait subi des insultes à caractère raciste, du harcèlement et des dégradations, comme des graffitis injurieux sur son scooter. Dans ses vidéos, Christophe B. justifie son passage à l’acte en déclarant vouloir “faire le ménage”.
Le Parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête lundi 2 juin, une première en France dans un cas de meurtre à motivation raciste revendiquée par un individu d’ultradroite. Les investigations sont désormais conduites par la DGSI et la Sous-direction antiterroriste (SDAT).
Les faits sont requalifiés en “assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, commis en raison de la race, de l’ethnie, la nation ou la religion”, ainsi qu’en “association de malfaiteurs terroriste criminelle”.
Un acte politique, une onde de choc nationale
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a dénoncé un “crime raciste prémédité, insupportable”, en affirmant que “chaque acte raciste est un acte antifrançais”. Des propos partagés par une large partie de la classe politique, de Yaël Braun-Pivet à Jean-Luc Mélenchon, qui appellent à une réponse ferme contre la banalisation de la haine.
SOS Racisme, le Conseil français du culte musulman, ainsi que plusieurs ONG, ont également réagi, soulignant que ce passage à l’acte s’inscrit dans un climat tendu marqué par une montée inquiétante des discours discriminatoires.
Un précédent judiciaire
Cette affaire marque une étape inédite dans le traitement des crimes racistes en France. Jamais encore un homicide motivé par des idées d’ultradroite n’avait été intégré au spectre du terrorisme intérieur. Une qualification qui pourrait faire jurisprudence à l’avenir, alors que les services de renseignement alertent depuis plusieurs années sur le risque croissant de radicalisation d’extrême droite.
L’auteur présumé du meurtre est actuellement en garde à vue dans le cadre de l’enquête antiterroriste. Il devrait être mis en examen dans les prochains jours.
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