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Massacre des Tamouls au Sri Lanka : « Mes soeurs sont là-bas »

Depuis l'indépendance du Sri Lanka en 1948, le conflit ethnique qui oppose les Tamouls et les Cinghalais ne rencontre pas de trêve. Les Tamouls sont massacrés, et la Communauté internationale met du temps à réagir. Soumashwaran vit à la Réunion et craint pour sa famille à Colombo.

Ecrit par Karine Maillot – le mercredi 27 mai 2009 à 07H13

Soumaswaran est Sri Lankais et de l’ethnie des Tamouls. Il vit depuis plusieurs années à la Réunion avec sa famille. Ses enfants sont nés ici, mais une partie de sa famille vit au Sri Lanka.
Depuis le mois de décembre dernier, plus de 7.000 civils ont été tués lors de l’offensive menée par l’armée sri lankaise. « Depuis le début du conflit, les Tigres se sont armés pour se défendre et défendre les Tamouls face au génocide pratiqué par les Cinghalais. Les Tamouls représentent 30% de la population de l’île et on veut les faire disparaître ».
Soumaswaran est inquiet pour ses sœurs et sa nièce qui vivent à Colombo. « J’ai trois sœurs et leurs enfants qui vivent à Colombo. Parfois elle ne vont pas travailler, car elles ont peur d’être tuées. On s’appelle parfois au téléphone, mais elles ne répondent jamais à mes mails car les messages sont filtrés. Il y a des centaines de milliers de civils qui vivent maintenant dans des camps gérés par le Gouvernement, qui fait croire qu’il veut les protéger, mais il les rassemble pour ensuite les massacrer. Les Tamouls Sri Lankais sont là-bas depuis la préhistoire, mais nous sommes minoritaires en nombre. Mais le dernier souverain jusqu’en 1833 était Tamoul et notre communauté avait des privilèges. Aujourd’hui, les Cinghlais veulent tuer tous les Tamouls sans pitié. Même les enfants sont massacrés car pour le Gouvernement, ce sont des futurs Tigres ».

Soumaswaran ne comprend pas pourquoi aucun politique réunionnais ne réagit face à ce massacre. « Une partie de la communauté réunionnaise est d’origine tamoule. Je voudrais savoir pourquoi personne ne se sent concerné par ce génocide au Sri Lanka ».

Hier, la Haut commissaire de l’Organisation des Nations Unies pour les droits de l’homme Navy Pillay a demandé au Conseil des droits de l’Homme à Genève, une enquête indépendante à propos des allégations concernant les atrocités qui auraient été commises par les deux camps impliqués dans la guerre civile au Sri Lanka.

Remontons dans l’histoire

Jusqu’au XVIIIe siècle, le Sri Lanka était une colonie hollandaise qui passa ensuite sous la domination de l’empire britannique. A ce moment là, il y avait trois royaumes indépendants : deux royaumes cinghalais et un royaume tamoul situé dans le Nord et l’Est de l’île. Alors que les anciennes colonies avaient maintenu la différenciation ethnique, les Anglais décidèrent en 1833 de regrouper les trois royaumes indépendants et souverains en une structure politique unique pour faciliter l’administration. Et c’est là que les problèmes commencent : le pouvoir politique passa aux mains des Cinghalais qui sont plus nombreux au moment où le Sri Lanka adopta le système parlementaire selon lequel la majorité décide de tout. Cette situation fut l’occasion pour le Gouvernement, composé quasiment que de Cinghlais, d’introduire une loi sur la nationalité selon laquelle on ôtait la nationalité et le droit de vote à plus d’un million de Tamouls des plantations de thé. Même la constitution à été modifiée au détriment des Tamouls…

 

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