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Marée noire du Golfe du Mexique : Guérir ou Prévenir ?

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 17 juin 2010 à 15H39

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20 milliards d’euros d’indemnisations arrachés à BP par Barack Obama… Et au final, jusqu’à 100 milliards à débourser par BP et les différentes compagnies d’assurance. Combien cela aurait-il coûté à BP de prévoir cette catastrophe et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour qu’elle n’ait jamais lieu, ou du moins la contenir? Moins d’un milliard sans doute.

Nous sommes désormais dans une logique d’assurance : je m’assure, mon assurance s’assure elle-même, les assurances s’assurent entre elles… donc je peux faire n’importe quoi ! Au final, les coûts d’une catastrophe (marée noire, inondation, ou autres) sont supportés par tellement de gens que rien n’est vraiment fait pour éviter la catastrophe.

Imaginons quelqu’un qui ne changerait pas les plaquettes de frein de son véhicule en se disant : « Le jour où elle ira dans un fossé, il sera toujours temps de se faire rembourser par les assurances ». On le prendrait pour un fou, non ? C’est pourtant ainsi que raisonnent BP, ses actionnaires, son PDG, que raisonnent trop souvent les élus. La logique de l’assurance est ainsi pervertie : l’assurance ne sert alors qu’à rendre supportable des coûts... que l’on aurait pu éviter dans la plupart des cas en prenant ses responsabilités !

Même logique dans l’assurance maladie : on guérira les gens une fois qu’ils seront malades. Même logique dans l’agriculture : on utilise les pesticides aujourd’hui, on fera face aux dégâts demain. Idem dans la gestion des déchets par l’incinération : on soignera les effets sur la santé une fois que les gens seront malades. Idem pour l’ARAST : on donnera une petite indemnité aux employés une fois que l’association sera définitivement ruinée. Idem pour la gestion de l’épidémie de chikungunya ou de dengue : on pulvérisera des produits chimiques quand l’épidémie aura repris…

Cette logique d’assurance, c’est celle de la déresponsabilisation individuelle, puisque c’est le système qui gèrera le problème. Oui, mais derrière tous ces mauvais choix, toutes ces catastrophes en puissance, il y a bien des personnes, des responsables politiques, qui ont pris des décisions à court terme sans voir l’intérêt de la population à long terme.

Voilà où nous mène cette logique économique où personne n’assume ses responsabilités, où les décideurs se réfugient derrière un système et une police d’assurance pour régler leurs problèmes.
Sauf que la Réunion n’a pas 20 milliards d’euros comme BP pour indemniser un jour tous les gens qui subiront les conséquences sur leur santé, sur leur emploi, de ces mauvais choix politiques….

Faire de la politique autrement, c’est prévoir le long terme, c’est penser aux générations futures, en mettant en place de la prévention pour la santé, en choisissant des systèmes de gestion publique (eau, déchets, transports, construction, énergie…) respectueux des hommes et de l’environnement. C’est prendre ses responsabilités politiques, et œuvrer pour l’intérêt collectif plutôt que son intérêt personnel. Voilà ce que proposent Les Verts et Europe Ecologie, voilà le seul avenir possible pour une "politique durable".

Vanessa Miranville, pour les Verts et Europe Ecologie Réunion

 

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