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"Maloya" Pourquoi pourris-tu son nom?

"Maloya" Pourquoi pourris-tu son nom?
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 14 janvier 2016 à 19H54

La page web suivante :

https://observatoiredelacouillonnissepi.wordpress.com/

apporte son point de vue à l’opération "Tir sa" portée par le kolektik Laklarté.

Le site en cause développe son argumentation autour de quatre points. Nous nous permettons d’apporter, sans prétention, ni arrogance, notre vision et les éléments de réponse à son article :

Citation du site :

"1/ Il s’agit d’un épiphénomène insignifiant. On se demande d’ailleurs pourquoi avoir médiatisé ce fait, avec les dangers que cela représente. Et surtout en quoi ce fait, cette dénomination, porte-t-elle atteinte à l’intégrité du Maloya ? Il semble que nos quelques artistes vite outrés aient versé dans un sentiment de persécution et aient vu le mal là où, au pire et selon les sensibilités, il n’y avait qu’une maladresse. Danyel Waro l’a lui même reconnu à demi-mots".

L’épiphénomène insignifiant a permis de susciter le débat autour de l'expression du Réunionnais et de sa culture au sein de l'espace public. L’hôpital est un espace public, le choix d’une dénomination, d’une place, d'une rue, d’un bâtiment n'est pas anodin. Elle est porteuse de symbole. Hors la symbolique est une notion essentielle au sein d’une société.

Il est aussi opportun de rappeler que la Réunion n'est pas la Bretagne ou la Corse. Il s'agit d'une région ayant son contexte géographique, historique, culturelle, cultuel. Hors pendant longtemps la pratique du maloya, ou du moins le séga des noirs, était assimilée à la folie, à une bande d’alcoolique, à une nuisance sonore que l'alcool poussait le corps dans ces retranchements. Puis vint les années 80/90 qui virent l'émergence et la reconnaissance de cette musique, de cette pratique. Aujourd'hui en 2015, on fait abstraction de cette réalité historique en assimilant à nouveau maloya / soin psychiatrique.

Nous ne sommes plus dans la persécution, nous voulons juste apporter un regard sur notre société à travers son aspect culturel au sens le plus large du terme.

"2 / Sans aucun doute les artistes moucatés sévèrement dans le premier papier de ce blog n’ont pas eu conscience du fait que des personnes malades et leurs familles ont pu se sentir blessées par ces sorties malheureuses genre "Maloya lé pa malade", nou lé pas "fous" etc… Dans notre esprit il n’y avait pas de volonté d’ostraciser la maladie mentale chez ces artistes mais DE FAIT, c’est ce qui s’est passé".

Malheureusement les gens lisent et voient ce qu’ils veuillent bien ou peuvent comprendre. Si vous reprenez nos propos il n'y a jamais était question de stigmatiser la maladie mentale.

A l'inverse, que dire des personnes qui se trouvent interloquées par l'association maloya/maladie mentale? N'ont ils pas le droit à la parole du fait que l’on touche à l'institution hospitalière?

Enfin, nous ne nous permettons pas de parler au nom des familles ayant des personnes dans ce pôle. On vous laisse la responsabilité de vos propos.

"3 /Pourvu que cette histoire de "Tir sa" cesse au plus vite car pour le coup cela pourrait VRAIMENT porter atteinte au Maloya, à son image. A France-Inter, radio qui soutient la culture réunionnaise et donc le Maloya, par exemple, ça ne passerait pas du tout. Ce serait fort dommage au moment où le Maloya sous toutes ses coutures (trad, folk, électrique etc…) commence à s’exporter. Messieurs (et mesdames ?) du collectif "Tir Sa", vous tirez une balle d’un beau calibre dans le pied du Maloya. In gro lérrèr, à notre sens".

Je ne vois pas en quoi l'affirmation d’une identité et d’une culture nuit à son expansion. A mon sens cela donne encore plus de force à son expression, à moins qu’on lui préfère sa version édulcorée, folklorisée, standardisée.

Aussi, le problème n'est pas ce que les français de France pensent du maloya, mais bien du Réunionnais de la Réunion.

"4/ Avons-nous besoin de l’émergence d’une nouvelle religion, celle du Maloya ? Le Maloya, bien immatériel de l’humanité (et pas de quelques artistes) a-t-il besoin que quelques individus s’érigent en gardiens du temple, établissent des dogmes, se recroquevillent et délivrent des autorisations de dénommer, chanter, jouer etc ? Par les temps qui courent cette religiosité sous-jacente nous agace au plus haut point. Des dogmes, de la rigidité , de l’instrumentalisation et de la division, voilà les promesses d’une sacralisation outrancière du beau Maloya".

Le maloya fait parti intégrante d’une religion, d’un culte. Je ne m’étendrai pas sur ce fait, il s'agit d’une histoire personnelle et familiale propre à chacun.

Ce sont d'ailleurs ces personnes, entre grande partie, qui ont pu faire perdurer et nous amener le maloya jusqu'aujourd'hui.
Vous avez tout à fait le droit qu'être agacé par cet aspect, mais il est là et il existe.

On peut tout à fait le chanter, le jouer, utiliser son nom. Encore faut-il, à titre d’exemple, comme en musique, respecter : les gammes, les harmonies et les accords. Si ces fondements sont pas tenues et maitrisés fait-ont encore de la musique ?

Par corolaire ne maitrisant pas la base et les codes du maloya peut-on en disposer comme bon nous semble ?

Ce que vous appelez dogme ou rigidité, peuvent se voir comme lois et règles permettant le bon vivre-avec.

Le maloya ne se suffit pas à lui-même, si il n'y a personnes pour le chanter, le pratiquer, le vivre, il n'en restera qu'un vague souvenir, une pièce pour les musées, qu'un nom sur un bâtiment.

Kolektif Tinn pan out mémwar

 

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