Malgré la pollution à Albioma, les agriculteurs livrent leurs cannes

C'est un début poussif pour la campagne sucrière 2023 dans le bassin Nord-Est de La Réunion. Des travaux dans les usines ont déjà retardé de plusieurs jours la prise en charge des tonnes de cannes coupées et en souffrance dans les champs. Les agriculteurs se réjouissaient de pouvoir livrer leur marchandise à partir de ce jeudi matin aux balances. Mais les industriels ont annoncé mercredi soir qu'ils ne réceptionneraient pas les cannes à cause d'un problème de pollution dans l'usine de traitement de l'énergie, Albioma.
Les syndicats d'agriculteurs sont montés au créneau ce matin et ont notamment déploré que les "planteurs de cannes [soient] toujours les premiers pénalisés". Stéphane Sarnon, président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) explique que les canniers ont comme interlocuteur et partenaire l'usinier Tereos et non Albioma. Les agriculteurs ont donc demandé à ce que les cannes soient réceptionnées dès ce jeudi et ont appelé leurs collègues à venir livrer leur marchandise.
Les syndicats ont obtenu gain de cause au terme d'une nouvelle réunion tenue à la mi-journée. La réception des cannes commence ce jeudi. Elles seront ensuite broyées à partir de 6 heures vendredi matin afin de permettre une mise en route progressive des machines. Le président de la commission mixte d'usine de Bois Rouge, Isidore Laravine, fait le point sur les discussions qui ont eu lieu. "On n'a pas parlé d'indemnisation, ce sera discuté en comité paritaire de la canne et du sucre. On a un problème de stockage des cannes sur les remorques", rappelle-t-il. Le transfert d'une partie des cannes est prévu vers Saint-Louis, mais il rappelle que cet échange sera limité par les capacités maximales des plateformes de réception des cannes.


