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Madagascar : Teniky, la vallée oubliée qui pourrait cacher une nécropole zoroastrienne

Ecrit par N.P. – le dimanche 4 janvier 2026 à 16H43
Capture d'écran Youtube / Did You Know Discovery

La vallée de Teniky, isolée dans le parc national de l’Isalo à Madagascar, fascine les archéologues. Selon le National Geographic, ses niches rocheuses et son abri pourraient témoigner d’une colonie zoroastrienne médiévale.

Au centre-sud de Madagascar, au cœur du parc national de l’Isalo et à plus de 200 km de la mer, se cache une vallée isolée au passé énigmatique : Teniky. Accessible uniquement à pied, après une traversée de montagnes et de canyons abrupts, ce site intrigue archéologues et historiens depuis plusieurs décennies.

Des vestiges uniques en Afrique de l’Est

Dans les années 1950 et 1960, les visiteurs intéressés par l’archéologie ont décrit Teniky comme un véritable amphithéâtre naturel, agrémenté de terrasses construites par l’homme, d’un abri sous roche aux murs de grès soigneusement érigés et d’une chambre taillée dans la roche, dotée de piliers et de bancs. Les falaises alentours sont parsemées de dizaines de niches sculptées dans la pierre, certaines encore munies d’évidements suggérant qu’elles pouvaient être fermées par une dalle de bois ou de pierre.

Ces niches, étroites et peu profondes, ne ressemblent à rien de connu à Madagascar ou en Afrique de l’Est. Leur architecture évoque de manière frappante les niches funéraires zoroastriennes découvertes dans la région perse du Fars, en Iran.

"Pour le moment, nous considérons que ces niches appartiennent à une ancienne nécropole où les dépouilles étaient exposées et où les os séchés étaient conservés", explique Guido Schreurs, géologue à l’Université de Berne et auteur principal de l’étude publiée dans Azania : Archeological Research in Africa.

Une origine zoroastrienne plausible

Avant même sa venue sur le site, Guido Schreurs se montrait sceptique quant aux hypothèses traditionnelles attribuant l’architecture de Teniky à des marins portugais naufragés au XVIe siècle. Les niches ressemblent en réalité à des astōdans, des sites funéraires zoroastriens où les morts étaient exposés jusqu’à ce qu’ils ne soient réduits qu’à des os avant d’être placés dans des niches rocheuses.

La datation au carbone 14 des vestiges de charbon retrouvés sur place indique que le site a été occupé entre le Xe et le XIIe siècle, bien avant l’arrivée des Portugais, mais à l’époque de l’émergence des premières villes côtières malgaches.

Le zoroastrisme, religion officielle de l’Empire perse pendant plus de 1.000 ans avant la conquête arabe du VIIe siècle, prône la pureté symbolisée par le feu sacré et la lutte des forces contraires dans l’univers. Selon les chercheurs, un groupe de fidèles aurait peut-être fui la Perse au Xe ou XIe siècle pour établir une colonie à Madagascar.

Les mystères restent entiers

Un point intrigue encore : aucune des niches ne contient de restes humains. Les auteurs de l’étude suggèrent que ceux-ci auraient pu être collectés par des populations ultérieures pour des pratiques rituelles. La structure la plus impressionnante du site reste la Grande Grotte, surnommée Grotte des Portugais, un abri sous roche au sein d’un amphithéâtre naturel de falaises nues. Les archéologues cherchent toujours à comprendre pourquoi ce lieu si reculé a été choisi pour s’installer et pourquoi ses habitants l’ont ensuite abandonné.

"Les questions qui doivent être abordées sont les suivantes : où et quand les colons sont-ils arrivés pour la première fois sur la côte de Madagascar ? Sont-ils venus directement de leur région d'origine ou se sont-ils d'abord installés dans d'autres parties de l'océan Indien ? Pourquoi se sont-ils déplacés vers l'intérieur des terres, dans le site isolé de Teniky ? Comment vivaient-ils, combien de temps sont-ils restés et pourquoi le site a-t-il été abandonné ? Quelle était la relation entre Teniky et les sites contemporains de Madagascar et quel était son rôle dans le réseau commercial de l'océan Indien ? Nous espérons que les recherches futures permettront de répondre à ces questions", concluent les chercheurs dans leur étude.

Etiquettes : Madagascar

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