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Madagascar : le gouvernement dissout en pleine transition politique

Ecrit par G.D. – le mardi 10 mars 2026 à 10H21
Le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina (photo : présidence de Madagascar)

Nouveau tournant politique à Madagascar. Le chef de la transition, le colonel Michael Randrianirina, a annoncé lundi 9 mars la fin des fonctions du gouvernement en place. Une décision présentée comme conforme à la Constitution, mais qui intervient dans un contexte de transition politique fragile depuis le coup d’État d’octobre 2025.

Le gouvernement malgache a officiellement cessé ses fonctions. Dans un communiqué publié ce lundi 9 mars, la présidence a annoncé la dissolution de l’exécutif dirigé par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo. Cette dissolution intervient après que les membres des organisations se désignant comme faisant partie des "Gen Y et Gen Z" ont appelé, devant la presse samedi dernier, à la démission du locataire de Mahazoarivo, ou bien « à la dissolution du gouvernement ». Ils avaient affirmé que le chef du gouvernement « n’assume pas pleinement ses fonctions en tant que chef de l’administration », et avaient ajouté qu'« il apparaît également que plusieurs ministres ne maîtrisent pas leurs responsabilités. » Ces organisations avaient brandi le risque pour le pays de « sombrer dans le désordre », relate L'Express de Madagascar.

Ce lundi, le chef de l’État de la transition, le colonel Michael Randrianirina, a indiqué qu’un nouveau Premier ministre serait nommé prochainement, avant la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale.

Lire aussi : Madagascar : Michaël Randrianirina reçu ce mardi 24 février par Emmanuel Macron à l’Élysée

Dans sa communication officielle, la présidence présente cette décision comme une mesure « conforme à l’application de la Constitution », sans toutefois préciser l’article sur lequel elle s’appuie. Le pouvoir insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une vacance du pouvoir exécutif, mais d’une recomposition institutionnelle dans le cadre de la transition en cours.

Cette annonce intervient alors que Madagascar reste dirigé par un militaire depuis la fin d'année dernière.

Une crise politique déclenchée par les manifestations de 2025

La crise politique malgache a débuté à la fin du mois de septembre 2025 avec une vague de protestations dans plusieurs grandes villes du pays. Des mouvements de jeunes, notamment dans la capitale Antananarivo, dénoncent alors la vie chère, les pénuries d’eau et d’électricité ainsi que les accusations de corruption visant le pouvoir du président Andry Rajoelina.

Début octobre, le mouvement prend de l’ampleur et une partie de l’armée manifeste sa sympathie pour les protestataires. L’unité d’élite CAPSAT se mutine le 12 octobre et se joint aux manifestants. En quelques jours, la situation bascule.

Le 13 octobre, Andry Rajoelina quitte le pays pour un « lieu sûr » à l’étranger tout en affirmant rester président légitime. Le lendemain, malgré un décret présidentiel de dissolution de l’Assemblée nationale pris depuis l’étranger, les députés votent sa destitution.

Dans la foulée, le colonel Michael Randrianirina et des officiers alliés annoncent la prise de pouvoir et dissolvent plusieurs institutions, dont le Sénat et la Haute Cour constitutionnelle. Une transition politique est alors mise en place.

Une transition sous pression internationale

Le 17 octobre 2025, Michael Randrianirina est investi président de la transition à la tête d’un Conseil chargé de la « refondation de la République ». Ce nouvel organe exécutif est largement dominé par les forces de sécurité.

La prise de pouvoir militaire est immédiatement condamnée par l’Union africaine, qui suspend Madagascar de ses instances en qualifiant les événements de « changement anticonstitutionnel de gouvernement ».

Depuis, les organisations régionales, notamment la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), pressent les autorités de transition d’établir une feuille de route claire pour un retour à l’ordre constitutionnel et l’organisation d’élections.

En février 2026, un document présenté comme un plan de transition est transmis aux partenaires régionaux, mais il est critiqué par plusieurs observateurs à cause de l’absence de calendrier électoral précis.

La dissolution du gouvernement annoncée le 9 mars marque ainsi un nouveau tournant dans cette période de transition politique, dont la durée et l’issue restent encore incertaines.

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