L’octroi de mer et la TVA sur l’urne funéraire de papa

L’urne avait été empaquetée dans un carton par une entreprise de pompes funèbres de l'Hexagone, dans la localité où est décédé un retraité réunionnais fin juin 2023. Ses enfants, vivant également en France hexagonale, avaient choisi l’incinération avant que l’urne ne soit expédiée à de la famille à La Réunion. L’objectif : que leur père rejoigne le cimetière familial à Saint-Pierre.
Mais à la réception du colis à La Réunion à la mi-août, l’étonnement accompagne l’émotion : une taxe est à acquitter avant de poser la main sur le colis. Une taxe sur une urne, quelle drôle d’idée.
Sans interlocuteur, puisque l’obligation de paiement s’opère en ligne sur le site de Colissimo avant que le facteur ne passe, la famille du défunt décide de payer pour éviter que le colis, retenu par les services douaniers, ne reparte bêtement dans l'Hexagone. La somme réclamée, d’un montant de 28 euros, est alors réglée sans savoir, à ce stade, de quelle(s) taxe(s) il pouvait bien s’agir. Après réclamation, un justificatif sera finalement adressé par email. 6 euros d’octroi de mer, 3 euros d’octroi de mer régional et une TVA à l’importation de 12 euros composaient la note.
Après quinze jours d’attente et une relance auprès des services postaux, le récepteur a finalement réussi à faire valoir sa réclamation. "Nous comprenons naturellement votre demande et regrettons la gêne occasionnée par cette situation. Aussi, à la suite des vérifications faites auprès de nos services, nous vous informons que le remboursement des droits et taxes de douane dont vous vous êtes acquittés pour le colis est en cours", ainsi répondu Colissimo il y a quelques jours.
Une anecdote qui, au-delà du caractère incongru que représente le paiement d’une taxe sur une urne funéraire hors de tout cadre commercial, rappelle à tous les usagers des services postaux qu’il faut veiller au grain car, comme le lui a répondu la direction de La Poste, au téléphone cette fois-ci, "à l’échelle de tous les colis qu’il y a, ça peut arriver. Les douanes ne pouvaient pas savoir qu’il y avait des cendres dans l’urne."


