Lettre ouverte à nos visiteurs candidats à la Présidentielle

Bienvenus à la Réunion. Vous avez certainement reçu de vos correspondants locaux un débriefing attirant votre vigilante attention sur "la vie chère à La Réunion" qui a abouti à des émeutes dans quelques communes. Ils vous diront qu’il faut faire quelque chose et vous rappelleront leurs solutions : liste de 60 produits de première nécessité (comme si en 2012, la vie d’un être humain et économique d’une île comme la nôtre ne se résume qu’à quelques produits de première nécessité !!!). Ils vous parleront de la prime Cospar qu’il serait opportun d’augmenter, d’imposer l’enseignement du créole à l’école "pou respecte nout l’identité", de réserver quelques centaines d’emplois, mais à qualification égale quand même, aux jeunes Réunionnais. Ces conneries n’intéressent pas les Réunionnais, les vrais, ceux dont les ancêtres sont nés à La Réunion terre française, pour certains dès 1671 et pour d’autres devenus citoyens français le 20 décembre 1848. Ces vrais réunionnais sont Français du droit du sang et non du droit du sol.
Ma question au candidat que vous êtes est donc: "Pensez-vous qu’en 2012, les Français de la Réunion doivent avoir les mêmes droits que les Français de métropole (Bretons, Corses etc…) et bénéficier de la même considération de la part de la
République ?
Nos problèmes sont bien identifiés : chômage, cherté de la vie, isolement loin de la métropole et dans un environnement pauvre et les solutions existent s’il y a la volonté politique.
La Population de La Réunion est estimée à 820 000 h. Tous les ans, près de 20 000 jeunes sortent de l’école et de l’Université avec ou sans diplôme et la Réunion n’offre que 4500 à 5000 emplois par an. Aujourd’hui, on parle de 130 000 demandeurs d’emploi. 60% des jeunes de moins de 25 ans dont10% de diplômés (bac + 5) sont au chômage. Avez vous une solution locale à proposer ? Sinon l’emploi se trouve en France et en Europe et les Réunionnais ont des atouts. Ils parlent français (n’en déplaise à certains) et sont de culture française et européenne (ce qui n’est pas le cas de la plupart des immigrés que vous acceptez en France). Ils bénéficient déjà
d’une très bonne formation professionnelle qui peut leur ouvrir pas mal de portes.
Mais, pour faire disparaître le sentiment d’exil inhérent à la rupture avec le milieu familial, il faut mettre en place une vraie continuité territoriale financée par le gouvernement et comparable à celle en vigueur en Corse et dans les RUP espagnoles (Canaries) qui accordent 50% de réduction sur les liaisons avec la mère patrie. Un droit au voyage à ce tarif tous les 2 ans, pour tous les Réunionnais ou Français résidant à La Réunion et pour tous les Réunionnais et leurs enfants, installés en métropole. Cette mesure en augmentant le tourisme affinitaire, participerait aussi au développement économique de l’île. Bien sûr, vous aurez la visite de certains de nos brillants économistes qui, en agitant leur calculette, vous diront que si l’Etat a donné à la Corse pour la Continuité Territoriale 180 M € pour 300 000 habitants, doit donner à La Réunion qui a 820 000 h, la somme de 492 M €. Envoyez les se faire foutre et basez vous sur les tarifs pratiqués sur les lignes internationales pour des distances comparables. Ainsi le 15 février 2012, les prix proposés étaient : Paris / La Réunion, 9300 Km, 950 € A/R ; Paris / Le Cap, 9 .300 Km, 700 € A/R; Paris/Hong Kong, 9633
Km, 386 € A/R ; Paris/ Singapour, 10700 Km, 667 €. A/R La moyenne de ces différents tarifs donne 676 €, ce qui met le demi tarif à 338 €. Ainsi, avec 50 700000 €, c’est 150 000 personnes que l’on peut faire voyager tous les ans, ce qui n’est pas cher payer pour redonner un avenir aux jeunes Réunionnais. Rappelons pour mémoire que l’AME (Assistance Médicale d’Etat) qui couvre à 100% (sans ticket modérateur) les soins médicaux (lunettes, dentistes, cures etc…) réservée aux immigrés clandestins a coûté en 2010, 670 M €. (Le Figaro magazine)
La cause principale de cherté de la vie c’est l’Octroi de Mer, taxe coloniale instaurée en 1850 et perçue à l’entrée de la marchandise dans l’île. Bien que contraire à la législation française et européenne, à chaque fois que certains réclament sa suppression, les élus s’y opposent car c’est une source de revenus pour les collectivités (communes, C. Général, C. Régional) qui compense le montant des dotations de fonctionnement de l’Etat. Pourquoi ce montant par habitant est-il inférieur à La Réunion à celui de métropole ? Pensez-vous rétablir l’égalité entre Français de La Réunion et Français de Métropole ?
G.GERARD


