"L’État se défausse", pourquoi la députée Karine Lebon charge sur la situation de l’Université

En marge de la visite du ministre de l’Enseignement supérieur, la députée Karine Lebon dénonce une "situation critique" à l’Université de La Réunion. Manque de moyens, infrastructures vieillissantes et inégalités de financement sont pointés du doigt.
L’alerte est lancée, bien lancée. À l’occasion du déplacement du ministre de l’Enseignement supérieur à La Réunion, la députée Karine Lebon tire la sonnette d’alarme sur l’état de l’Université de La Réunion, qu’elle juge "préoccupant".
Dans un communiqué en date du vendredi 24 avril, l’élue évoque des infrastructures vieillissantes, parfois inadaptées aux réalités locales. Plusieurs bâtiments, conçus dans les années 1960 et insuffisamment rénovés, présentent aujourd’hui un "niveau de vétusté inquiétant". Conséquence directe, certaines salles ont déjà été fermées et d’autres pourraient suivre dans les prochaines années, affectant concrètement les conditions d’étude des étudiants.
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Karine Lebon insiste sur l’absurdité de la situation dans un contexte de hausse des besoins en formation. "Il n’est pas acceptable que des salles ferment alors même que les besoins de formation augmentent", affirme-t-elle, rappelant que "l’égalité républicaine doit aussi se traduire concrètement dans les amphithéâtres".
Au-delà du constat, la députée appelle à une réponse rapide de l’État. Elle souligne que les spécificités du territoire réunionnais doivent être pleinement prises en compte dans les politiques publiques. "L’insularité, l’éloignement, l’exposition aux cyclones et les surcoûts associés" imposent, selon elle, une "adaptation des financements".
Une revalorisation jugée "indispensable" pour permettre à l’université de faire face à ses défis structurels.
Crispation autour du niveau de dotation
Autre point de crispation, le niveau de dotation par étudiant. Karine Lebon regrette que celui-ci reste "inférieur à celui observé dans d’autres universités françaises", y compris dans les territoires ultramarins. Une inégalité qu’elle juge injustifiée et qui, selon elle, doit être corrigée sans délai.
Dans ce contexte tendu, les annonces du ministre peinent à convaincre. La députée déplore un décalage entre les discours et les actes.
"Les annonces faites par le ministre restent en décalage avec l’urgence de la situation. Derrière les mots d’accompagnement, aucun engagement financier concret n’est pris, alors même que l’avenir de l’université dépend d’un soutien budgétaire immédiat", affirme-t-elle.
Elle critique également une approche jugée trop attentiste. "Le choix de multiplier les dispositifs d’analyse et de concertation prolonge une forme d’attentisme qui fragilise encore davantage l’établissement", poursuit-elle, estimant que cette posture "donne le sentiment que l’État se défausse de ses responsabilités à l’égard des étudiants réunionnais et des personnels".
En conclusion, Karine Lebon appelle à des décisions "rapides et concrètes." "L’Université de La Réunion n’a pas besoin d’un nouveau calendrier de discussions, elle a besoin de décisions", martèle la députée.


