Les chroniques de tonton Jules #175

Me revoici, me revoilà ! Certains ont eu la gentillesse de s’enquérir de ma santé. D’autres ont pensé « la pas encore crevé le kit sa mère ! » Ben non, pas encore, pas tout-à-fait. Si je suis si longtemps resté sans écrire, c’est effectivement pour raisons de santé. Sont-elles terminées ? Je n’en sais rien mais je ne me plains pas car durant ce long séjour hospitalier, j’en ai hélas trop vu de plus souffrants que moi. Je veux remercier tous les personnels de santé qui, malgré leur sous-effectif chronique, savent ne pas le faire supporter à leurs malades. Leur dévouement est intact ; merci à toutes et tous, des chirurgiens aux brancardiers. Et même aux personnels de cuisine qui, obéissants aux directives des nutritionnistes et autres diététiciens, n’auront sûrement jamais l’occasion, à travailler en hôpital, de prouver qu’ils savent vraiment cuisiner !
Humanoïdes smartphonicus bionics
Les nouveaux monstres
Contre mon gré je vous l’assure, je viens de passer quinze jours au CHU de Bellepierre. Je n’ai rien à redire contre les personnels de l’hôpital. Médecins, infirmiers, aides-soignants ou brancardiers, je dois saluer leur dévouement.
Ce qui me navre, c’est l’attitude des malades.
De nouveaux monstres !
Des humanoïdes auto-proclamés !
Dans la cour, ils sont tous armés de leur machin, comme une excroissance dont ils sont totalement dépendants.
Impossible de parler à qui que ce soit !
Où est donc l’humanisme, la fraternité, nom de Dieu ?
Tirez pas sur l’hélico
Toujours à Bellepierrre… Plusieurs fois par jour, on entend l’hélicoptère, Gendarmerie ou Samu… Et les patients en vadrouille dans la cour de râler comme des putois : « Zot i fé trop d’dézord ! »
Je me suis fait regarder de travers lorsque j’ai dit que j’étais heureux, moi, de les entendre.
« Ben oui… Quelqu’un qui sera pris en charge très vite ».
Là, je n'ai rien entendu contre…
Colienne, l’après Chido
Nous n’avions eu, jusqu’ici que de brefs comptes-rendus des ravages du cyclone Chido à Mayotte ; c’est le tri des sujets d’actualité qui fait qu’un JT est ainsi fait et on n’y peut rien. Il faut donc remercier Jean-Marc Colienne qui, avec l’apport de ses confrères de Mayotte la 1ère, nous a délivré un tableau très exhaustif de la situation. Pour y avoir vécu, je certifie qu’il est allé dans des endroits invraisemblables, là où les voitures ne se hasardent jamais pour des raisons de sécurité. J’ai eu beau chercher, impossible de faire mieux. Bien vu, l’ami !
Arrête cause comme sauvages don !
J’ai l’impression de me répéter, donc de lasser mon lecteur, mais je ne puis me résoudre à voir les ignorants bafouer aussi allègrement nos langues française et créole. Aucune langue ne mérite de disparaître, encore moins d’être déformée, torturée , ridiculisée pour cause de m’en-foutisme crasse !
Florilège : voici qu’une banque devient citoyenne ; citoyen est un adjectif, pas un substantif. Voici qu’une pub nous abreuve plusieurs fois par jour de « voire même peut-être… » : le triple pléonasme n’effraie plus personne. Je passe vite sur « le travail de deuil » : le deuil n’a jamais été un travail mais une attitude morale. Et que dire de « sans compter sur » qui se dit, en réalité, « compter sans ». Qu’on m’explique ce qu’est « le côté waouw » des choses. Bon, en fait, on va dire ça comme ça pour remplir un peu la serviette ? Quant aux amateurs de langue créole, dont je suis, « moin c’est in boug La Rivir’ » et « mi lé pas ». Na !
Un homme d’expérience ? Bof !
A propos de François Bayrou comme de Michel Barnier, on a salué l’appel lancé par Macron « à des gens d’expérience ». Depuis que les sociétés votent, l’appel à ces « gens d’expérience » n’a fait la preuve que d’une chose : leur expérience ne sert qu’à nous foutre dans la mouise décennies après décennies ! Il n’y a qu’à voir l’état du monde actuel. Malgré les incontestables progrès de la médecine, des sciences, le monde devrait être débarrassé des guerres, des famines, des épidémies… Okillé ?


