Leptospirose : un décès et cinq personnes en soins critiques

L’épidémie de leptospirose connaît une nette accélération à La Réunion depuis le début de l’année. L’Agence régionale de santé tire la sonnette d’alarme ce vendredi 27 février face à un nombre de cas « particulièrement élevé » et renforce ses actions de prévention et de vigilance auprès de la population et des professionnels de santé.
Depuis janvier 2026, 58 cas de leptospirose ont été confirmés sur l’île, dont 39 en janvier et 19 en février. L’ARS déplore 1 décès et 14 hospitalisations dont 5 en soins critiques. Les secteurs du Sud, avec 20 cas, et de l’Est, avec 15 cas, sont « particulièrement impactés ».
La même dynamique qu'en 2024
L’agence souligne que « le nombre de cas dépasse nettement les niveaux habituellement enregistrés en saison des pluies ». Cette dynamique rappelle celle observée en 2024, « année record avec 295 cas et 6 décès ».
La leptospirose est « une infection bactérienne sévère, transmise par contact avec de l’eau douce ou des environnements humides (boue, végétaux...) contaminés par de l’urine d’animaux infectés ». Endémique à La Réunion, la maladie peut évoluer vers des formes graves si elle n’est pas traitée rapidement.
La bactérie pénètre « par la peau, en cas de coupures ou de plaies (même petites) ou par les muqueuses (œil, bouche, nez) ». En l’absence de prise en charge précoce, elle peut mener à une hospitalisation, voire un décès.
Les expositions recensées sont variées : activités agricoles, maraîchage, jardinage, élevage, travaux ou nettoyage en milieux humides, loisirs en eau douce comme la baignade, la pêche ou le canyoning, ou encore marche pieds nus ou en chaussures ouvertes dans des environnements contaminés.
En cas de symptômes — fièvre élevée d’apparition brutale (souvent supérieure à 39 °C), grande fatigue, douleurs musculaires, articulaires, abdominales, nausées, vomissements, forts maux de tête — l’ARS recommande de « consulter rapidement son médecin car la prise en charge précoce et adaptée (antibiotiques prescrits sur avis médical) permet de limiter le risque de forme grave ». Il est également conseillé d’informer le médecin des activités à risques pratiquées dans les 3 semaines précédant le début des signes. Le médecin pourra alors prescrire une analyse biologique en laboratoire permettant de confirmer ou d’infirmer le diagnostic.
Des enquêtes environnementales au domicile
L’ARS propose aux patients une enquête environnementale réalisée à leur domicile afin d’identifier les sources potentielles d’exposition et les activités à risque pratiquées. L’objectif est d’envisager des mesures de prévention et d’information afin d’éviter de nouvelles contaminations dans des conditions similaires.
Face à cette « situation préoccupante », l’agence annonce renforcer « les mesures de prévention et d’information » et appelle « l’ensemble de la population, des professionnels de santé, les collectivités et des acteurs de terrain à une vigilance accrue ».
L’ARS et l’Assurance maladie veillent à « la diffusion rapide des informations auprès des professionnels de santé, afin de garantir une détection rapide des cas et un accompagnement optimal des patients ».
Sur le terrain, les actions de prévention sont intensifiées « en coordination avec les collectivités et les coordonnateurs des contrats locaux de santé » avec notamment des « actions de salubrité publique par les communes » et une « mobilisation sociale relayée par les coordonnateurs dans les zones les plus concernées ».
Une campagne de communication dès le 3 mars
L’ARS La Réunion lance également une campagne de communication dès le 3 mars. Elle comprendra une campagne radio, une campagne digitale sur les sites d’information locaux ainsi qu’une présence renforcée sur les réseaux sociaux.
Objectif affiché : « sensibiliser la population aux activités à risque (agriculture, élevage, nettoyage, jardinage, sports de pleine nature) et aux moyens de se protéger de la leptospirose ».
La vaccination est recommandée pour les personnes exposées
La vaccination contre la leptospirose est « recommandée pour toutes les personnes exposées dans le cadre professionnel ou lors d’activités régulières en milieu humide ». Le vaccin Spirolept® « protège les adultes exposés à la maladie et prévient les formes graves pouvant conduire à une hospitalisation ». Il agit « contre la principale souche bactérienne responsable des cas sévères recensés à La Réunion ».
Les salariés agricoles peuvent se faire vacciner « auprès des services de santé au travail ». Les autres personnes peuvent prendre rendez-vous, du lundi au vendredi de 9h à 16h, dans les centres de vaccination du CHU Sud à Saint-Pierre (CeGIDD) et du CHU Nord Félix-Guyon (CeGIDD).
Le schéma vaccinal prévoit 2 injections à 15 jours d’intervalle, puis 1 rappel à 4-6 mois, et tous les 2 ans si l’exposition persiste.
Cette campagne, intégralement prise en charge par la CGSS Réunion à travers les fonds d’actions sociales de l’Assurance Maladie et de la Mutualité Sociale Agricole (MSA), a démarré le 29 septembre 2025 et se poursuit en 2026.


