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Le Secours Catholique remet un recueil issu de son premier concours de poésie Fonker

Ecrit par N.P. – le lundi 15 décembre 2025 à 10H36

Écrire pour dire la pauvreté, la nommer et parfois la dépasser. À La Réunion, le Secours Catholique a réuni ce samedi les participants de son premier concours de poésie Fonker pour leur remettre un recueil collectif, reflet de vécus intimes et de regards lucides sur la société.

Dix-huit mois après le lancement de son premier concours de poésie Fonker, la délégation réunionnaise du Secours Catholique a tenu parole. Un recueil rassemblant l’ensemble des textes reçus a été officiellement remis aux auteurs ce samedi 13 décembre à Saint-Denis, lors d’une cérémonie empreinte d’émotion et d’espérance.

C’est à la cure de Saint-Denis qu’une centaine de personnes – auteurs, proches et accompagnants – se sont réunies pour célébrer l’aboutissement du premier concours de poésie Fonker organisé par le Secours Catholique à La Réunion. Au cœur de l’événement : la remise d’un recueil réunissant les 75 poèmes sélectionnés, écrits en créole et en français, autour d’une question centrale et universelle : "Kosa èt pov ? / Qu’est-ce qu’être pauvre ?"

Un recueil, témoignage de vies et d’espérance

Illustré par l’une des lauréates du concours, l’ouvrage témoigne d’un engouement pour l’écriture bien au-delà des attentes initiales des organisateurs et du jury. Pour la majorité des participants, il s’agit d’une première publication, une étape forte et symbolique.

À travers leurs textes, les auteurs livrent bien plus qu’un exercice littéraire. Ils donnent à voir la pauvreté dans toutes ses dimensions — visibles ou invisibles — avec des mots sincères, ancrés dans le vécu, porteurs à la fois de douleur, de lucidité, mais aussi d’espérance.

Lors de la cérémonie, Michelle Vital, présidente de la délégation locale du Secours Catholique, a salué la portée de ces écrits : "Vos poèmes sont bien plus que des textes : ce sont le reflet de notre société. Vous avez mis des mots là où il y a trop souvent silence. Les mots ont un pouvoir, ils ouvrent les yeux."

Président du jury du concours, Mgr Gilbert Aubry, évêque du diocèse de La Réunion, a donné au recueil le titre Farfar mon peï, en référence à l’étagère de la cuisine traditionnelle réunionnaise où l’on conservait les aliments. Une métaphore forte pour souligner la dimension nourricière de ces poèmes, tant sur le plan humain que social.

Des témoignages poignants et une poésie intergénérationnelle

Moment fort de la matinée, plusieurs auteurs ont pris la parole pour partager leur rapport à l’écriture et leur regard sur la pauvreté, avant de lire leurs poèmes devant un public visiblement ému. Parmi eux, Brigitte Maillot, lauréate du concours, a affirmé avec force qu’"il y a des lumières au bout du fénwar", précisant que son poème, qui s’achève sur les mots "la richesse lé dans ma pauvreté", a depuis été mis en musique.

La présence d’un groupe d’élèves du collège Saint-Charles, ayant travaillé le thème en classe durant plusieurs semaines, est venue rappeler que la poésie touche toutes les générations et peut aussi s’écrire collectivement.

Une deuxième édition déjà lancée

Profitant de cette cérémonie, Rémi Mussard, délégué du Secours Catholique à La Réunion, a officiellement lancé la deuxième édition du concours de poésie. Celle-ci se déroulera du 15 décembre 2025 au 16 mars 2026, autour du thème « Tonbe-levé / Se relever », un sujet en résonance avec le contexte actuel, évoquant la résilience et l’espérance.

Les personnes intéressées peuvent obtenir toutes les informations pratiques en contactant la délégation à l’adresse suivante : [email protected].

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