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"Le scandale des filets anti requins de St-Paul"

Alors qu'un litige oppose l'entreprise Seanergy à la mairie de Saint-Paul, EELVR veut rappeler la "gestion calamiteuse" du risque requin par la municipalité. Le communiqué de Jean-Pierre Marchau, Secrétaire Régional, et Charles Moyac et Mélissa Cousin, porte-paroles.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 23 juin 2020 à 11H31

Le litige opposant devant le tribunal administratif l’entreprise Seanergy Océan Indien à la Mairie de Saint Paul, ne doit pas faire oublier la façon calamiteuse avec laquelle cette collectivité a géré le risque requins.

Rappelons que suite à l’augmentation d’attaques de requins en 2011, la Mairie de Saint Paul avait attribué à Seanergy en mai 2015, un marché destiné à sécuriser les zones de Roches Noires et Boucan Canot. Des filets ont été posés à cet effet le 11 décembre 2015 à Boucan et le 9 février 2016 aux Roches Noires.

Dans les deux cas cependant, l’espace enclos par les filets n’était pas entièrement fermé. D’autre part, le contrat initial ne fixait pas les coûts d’arisage (abaissement des filets en cas de forte houle) et les prévisions de l’entreprise sur les niveaux de houle, se sont avérés erronées. La Mairie n’avait pas veillé à délimiter ni les responsabilités, ni la prise en charge de l’entretien des filets !  Ainsi, pour la seule année 2016, le coût de la sécurisation des zones Boucan et Roches Noires, s’est élevé à plus de 1,2 millions d’euros ! Dès le mois de mai, on a constaté un affaissement des filets ainsi qu’un nombre important d’anomalies. Des attaques de requins ont eu lieu en août 2016 et en juin 2017. Pendant des mois, les filets, abimés, seront les plus souvent abaissés mais Seanergy présentera des factures supplémentaires.

En août 2017, la Mairie met fin au contrat de maintenance avec Seanergy avec un bilan de plus de 3 millions d’euros dépensés (hors réclamation Seanergy)  et relance une mission d’études visant à mettre en place un véritable système de gestion du risque requin.  Trois phases sont prévues, une de diagnostics, une de définition d’une stratégie et une phase 3, pour rendre opérationnelles les nouveaux dispositifs de sécurité.

Le CRA (Centre de Ressources et d’Appui sur le risque requins, renommé CSR, Centre de Sécurité Requin) teste en 2018 trois types de filets « innovants » et en retient un qui lui semble plus fiable que les autres. La Mairie souhaite le rendre rapidement opérationnel.  Or, si les tests du filet retenu montrent qu’on peut sécuriser effectivement les zones de déferlements, le CSR reconnaît lui-même qu’il n’y aucune garantie de sécurisation dans les zones les plus profondes ! Les zones de déferlement ne représentant qu’environ 20 % du linéaire du périmètre à protéger, cela signifie que la majeure partie de la zone serait exposée au risque requin ! D’autre part, le CRA ne fournit pas de données sur les conditions d’arisage, un oubli qui a pourtant coûté cher à la mairie lors du précédent contrat. Pire encore, le CRA estime que le nouveau dispositif coûterait trois fois le prix des filets Seanergy ! Donc, il n’y aurait pas de véritable sécurité, mais un risque toujours élevé de dérive financière.

On se souvient que lors des élections municipales de 2014, certains candidats n’avaient pas hésité à instrumentaliser la crise requin pour se faire élire, notamment à Saint-Paul. Mais les élus issus d’associations anti requins ont finalement échoué, cette crise ne se résout pas en désignant un bouc émissaire à la vindicte de l’opinion, elle suppose une réponse globale, fondée sur des connaissances.  Il faut sur le littoral réunionnais, un véritable plan de gestion du risque requin avec un objectif de prévention globale incluant une large palette de dispositifs à l’instar de ce qui est fait en Afrique du Sud et en Australie.
 
Pour EELV Réunion
Jean-Pierre Marchau, Secrétaire Régional
Charles Moyac et Mélissa Cousin, porte-paroles

 

 

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