Le Quotidien répond à l'auteur de "Jurassik Press"...

Pascal Baudoin, directeur de la rédaction du Quotidien, nous a fait parvenir copie d'un droit de réponse qu'il a adressé à Alain Giraudo,
L'ancien responsable du Monde diplomatique avait égratigné le Quotidien, après un entretien d'embauche à Paris avec deux des responsables du journal du Chaudron ([cliquer ici pour lire l'article que Zinfos avait consacré au sujet]urlblank:http://www.zinfos974.com/Le-Quotidien-qualifie-de-Jurassik-press-_a1853.html )
Lettre ouverte à un visionnaire
"Le nouveau modèle économique de la presse face à la révolution numérique reste encore à trouver". Qui le dit ? Bruno Patino, ex-président du Monde Interactif et directeur de France Culture. Et ce, au premier jour du congrès de la Fédération de la presse française. "On voit aujourd'hui comment un site internet peut vivre, mais pas comment un équilibre entre un quotidien et un site peut faire vivre l'ensemble", ajoute-t-il. Et de conclure : "Personne ne connaît la ou les solutions".
Erreur ! Erreur… C’est oublier Alain (Jean-François) Giraudo, allias Pidudu (phonétiquement la façon dont l’appelait son premier petit fils qui voulait dire "papi doudou"). La vie de ceux qui ont le temps de la raconter sur un site autobiographique (http://www.chienecrase.com/?page_id=2) est tellement passionnante…
Eh oui ! Vu de Paris, nous sommes peut-être jurassique mais l’internet est arrivé jusqu’ici. Le dazibao publié par Alain Giraudo le 18 octobre 2008 ne nous avait pas échappé. Cependant, Le Quotidien qui a toujours ignoré les petites polémiques stériles et les accusations futiles, a pour ligne de conduite de ne jamais répondre à des détracteurs. Surtout quand ils sont de mauvaise foi. L’insulte à la rédaction (en particulier) et à l’entreprise (en général) justifiera l’exception à la règle.
Une fois n’est pas coutume.
Pidudu, donc, ou Alain Giraudo, ex-journaliste, ex-dirigeant de sociétés, justifie mensuellement la recherche d’un emploi en répondant à des dizaines d’annonces pour lesquelles il estime n’avoir aucune chance de voir sa candidature retenue. Ainsi, son principal actionnaire, l’ANPE, continue de lui verser ses indemnités. Voilà une manière intelligente de proposer ses services de consultant sans frais de prospection.
Malin. Honnête ?
L’oisiveté organisée au frais du contribuable offre un temps considérable pour écrire sa version d’un entretien en émaillant son récit d’imprécisions diverses: Maximilien Chane Ki Chune se prénomme Maximin ; Baudouin, c’est Baudoin ; le précédent rédacteur en chef n’était pas là depuis quinze ans ; le projet de réflexion n’a pas deux ans ; il n’y a pas eu de nouvelle formule.
Oublions l’orthographe folklorique et les accords grammaticaux douteux: "Cet sorte"; "Une balle dans le pieds"; "Une véritable rangaine"; "Ça n’a pas empêcher"; "On a le soucis"; "Détoriation" (détérioration, je suppose…); "Les performance"… J’en passe. Et des meilleures. Sacré Pidudu ! Votre plume a l’élégance toute juvénile de l’écriture "texto". Aux adolescents, l’acné donne autant de boutons que les règles grammaticales. A votre âge, est-ce bien raisonnable?
Passons sur le ton condescendant ("ces deux-là"; "le couple"), reflet détestable d’un M. Jesaistout qui fouine le web pour y trouver comme source unique le point de vue d’un syndicaliste (excellent journaliste, au demeurant) pour se forger une opinion rapide et opportune afin de servir sa démonstration revancharde et/ou militante.
Mais revenons à nos moutons. Car Alain Giraudo a "LA" solution à la révolution numérique: "On a des communautés, on les fait participer à l’expression collective des joies et des peines de leur vie quotidienne sur une plateforme sociale animée par des journalistes qui alimentent l’outil avec des récits, des images, des enquêtes, des interviewes (textes ou images sonores, bien sûr). Puis cette matière est éditée sur le papier". Je vous épargne les fautes et le bla-bla.
Génial, non ?
Le hic, mon cher Alain Giraudo, c’est que vos états de service ne plaident guère en faveur de vos dons de visionnaire. Sous votre ère, la société aveyronnaise centre presse (dont vous avez été le directeur général) est passée d’un résultat net de - 30 252 € (en 2005) à - 401 173 € (en 2007). C’est sûrement ce que vous appelez une "légère différence de vue" avec vos actionnaires...
Quant à votre expérience au Monde interactif, parlons-en! En quelques chiffres: 13 millions (de francs) de chiffre d’affaires en 1999 et 8 millions (de francs) de déficit. Pour renflouer les comptes? Vous préconisiez de vendre des livres, des disques, du matériel informatique et des voyages. Avec – je cite – "une commission par transaction".
Quel talent !
Si j’ai bien lu, vous avez quitté vos fonctions en juin 2000 pour des raisons personnelles. Cependant, votre départ est survenu au moment où la stratégie de portail que vous avez élaboré était de plus en plus contestée. Bruno Patino a repris en main les fondements du Monde Interactif pour se concentrer vers son métier d'origine : le contenu et le traitement de l'information.
Bruno Patino a – semble-t-il – de l’humilité. C’est une valeur du Quotidien qui ne souhaite pas réduire la voilure de la rédaction (70 journalistes qui officient chaque jour sur le terrain pour faire honnêtement et passionnément leur travail) en portant la responsabilité de choix hasardeux. Gérer, c’est prévoir. Dans le flou, mieux vaut être responsable et avancer avec prudence.
Le 22 octobre 1999, à la question "Que détestez-vous?" posée par Philippe Guerrier (JDN), vous répondiez : "Je ne pense pas que l'on se comporte sur l’internet autrement que dans la vie réelle". Je vous le confirme mon cher Pidudu. Je vous le confirme… Vous êtes sur le net comme dans la vie : bouffi de certitudes, boursouflé de suffisance, à l’image d’un entretien que vous avez commencé par "J’ignore ce que je fais là, ma candidature me paraît surdimensionnée pour le poste".
Ma politesse extrême m’oblige à ne pas vous répondre ce qu’un Président en exercice a rétorqué à un visiteur du salon de l’Agriculture qui refusait de lui serrer la main. Mais soyez assuré mon cher Giraudo que cela me démange...
Pascal BAUDOIN,
Directeur de la rédaction du Quotidien


