Le Port : la solidarité s’organise pour Mayotte

Devant l’étendue des dégâts sur l’île aux parfums, la mobilisation a commencé aux quatre coins de l’île pour aider la population de Mayotte. Au Port, c’est autour de l’association de quartier Van Dick que les volontaires se rassemblent pour organiser l’aide.
Tout reste encore à faire, mais les énergies et les premières mobilisations des habitants donnent du courage à Abdouli Mroivili, le président de l’association de quartier Van Dick. “Tout est venu de plusieurs membres de l’association qui nous ont interpellé pour savoir si on peut faire quelque chose. Alors, on s’est dit, pourquoi ne pas réunir les partenaires avec lesquels on travaille d’habitude pour essayer d’aider Mayotte. Là, nous allons partager nos idées, essayer de trouver un lieu pour stocker les dons qu’on va recevoir et réfléchir comment envoyer ce qu’on a collecté sur place”, confirme le jeune homme. Depuis quelques jours, il est assommé de messages sur les réseaux sociaux. “On reçoit des demandes des habitants qui veulent aider. On répond à tout le monde même si ce n'est pas facile. En plus des récoltes de dons, on prévoit déjà une journée de solidarité pour le 20 décembre. À partir de 13h, les gens pourront venir nous voir à la maison de quartier Van Dick. Les produits de premières nécessités sont particulièrement recherchés. Si vous voulez aider, mais que vous ne savez pas comment, contactez-nous sur les réseaux sociaux”, poursuit le portois.
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Parmi les habitants du quartier, John Var, et son association Team Kiosque, promet déjà de donner une palette de couches. “On collecte ce genre de chose pour les mamans isolées, et comme il nous restait des couches, on va pouvoir les donner. De la même manière, je pense qu’on va pouvoir donner deux ou trois cents t-shirts”, explique John. “D’habitude, on distribue surtout des équipements de sécurité, comme des chaussures, pour que les gens qui trouvent un emploi puissent le faire dans de bonnes conditions. Là, ça nous semble juste normal d’aider et de voir ce qu’on peut faire”.
“Aujourd’hui, ce sont eux, demain, c'est nous”
À ses côtés, Soula, médiateur à Saint-Louis, a fait le déplacement jusqu’au Port pour tenter de mutualiser les moyens. “Une collecte a été lancée par le CCAS de la ville, donc on réfléchit pour voir si les dons d’ici vont rejoindre les collectes organisées en ce moment. Ils ont tout perdu. Aujourd’hui, ce sont eux, demain, c'est nous. Si personne ne bouge, rien ne va se passer”.
En plus des habitants du quartier, d’autres associations avaient aussi fait le déplacement pour assister à cette première réunion de travail. “Avec cette première rencontre, on veut éviter de partir tout seul et bien se coordonner. Bravo à ces jeunes, qui ont réussi à fédérer autour d’eux des associations. Quand on voit les premières images, on s’attend à tout, et malheureusement, à sans doute un bilan terrible. Nous voulons aller aussi plus loin, et nous avons déjà contacté la mairie pour pouvoir organiser un concert caritatif le 25 décembre prochain pour récolter des fonds”, explique Saïd Assoumani, de l’association Ecmar.
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“Mayotte est à terre”
Le visage fermé, Jacob Combo, agent de la Délégation de Mayotte, ne peut que constater à distance l’étendue des dégâts. “Je n’ai toujours pas de nouvelles de certains membres de ma famille depuis plusieurs jours”, confirme l’homme. Pour ce dernier, le bilan sera sans aucun doute lourd. “Mayotte est à terre, et certaines parties de l’île sont encore inaccessibles. On a peur de ce qu’on va découvrir. Si j’ai un message à faire passer aux réunionnais, c’est : solidarité. Nous allons avoir besoin de toutes les bonnes volontés”.
Le collectif “Mayotte a soif” a déjà mis en place ce qu’il appelle une “cellule de crise citoyenne” pour tenter de fédérer les volontaires. “Nous avons déjà plus de 300 participants et nous pouvons les orienter vers les cagnottes, les messages des associations et aider les gens qui veulent se proposer. Nous avons même préétabli une liste de choses que les gens peuvent faire s’ils veulent participer au mouvement”, précise Racha Mousdikoudine, la présidente du collectif.
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Mihidoiri Ali, adjoint à la mairie du Port, ne peut que saluer cette union des bonnes volontés malgré le contexte qui réunit tous les participants. “Si on a parfois réussi à avoir des informations de certains proches, d’autres restent encore injoignables. Il faut rapidement pouvoir envoyer de l’eau, de la nourriture, des vêtements et garantir un accès aux soins”. Devant le balai des ministres et les annonces de la mise en place d’un pont aérien, l’élu reste amer devant le manque de réponses de l’État sur les problématiques de fond qui ont amené à ce désastre. “Ils n’ont pas le choix que d’envoyer ce qu’ils envoient en ce moment. C’est le strict minimum. Est-ce que cela sera suffisant ? C’est encore trop tôt pour le dire, mais ils ont tous abandonné cet archipel depuis trop longtemps”.
Les habitants du Port et des communes des environs qui veulent aider les volontaires de l’association Van Dick peuvent les contacter via leur page Facebook.


