Le Port : Ils le savent vulnérable et le tabassent pour un vol minable

Le jeune homme né en 1984 avait été roué de coups puis frappé avec une barre de fer. Son pronostic vital était très engagé lors de sa prise en charge par les secours. Pendant ce temps, les policiers avaient recueilli les premiers témoignages afin d'identifier les coupables. Le propriétaire de Thibault M. avait évoqué des liens d'amitié avec un individu qui lui paraissait bizarre. Le nom de Jean-Philippe L. avait été évoqué, confirmé par un autre témoignage anonyme évoquant le même homme répondant au surnom du "Mauricien".
Entendu, celui-ci avait contesté toute participation aux faits malgré un message retrouvé dans son téléphone indiquant "il est en sang", accompagné d'une image explicite de la victime. Une troisième personne, Sébastien M., était entrée en jeu, mise en cause pour avoir participé au projet. Finalement, Jean-Philippe L. avait déclaré avoir été chargé de tromper la victime pendant que Achraf D. le frappait et que Sébastien M. volait un ordinateur, un téléphone et une box internet. Ces différents objets avaient d'ailleurs été retrouvés dans une poubelle.
Interrogé par un juge d'instruction après l'ouverture d'une information judiciaire, le trio de malfrats avait livré des versions et des mobiles différents ne permettant pas de comprendre pourquoi ce vol sans intérêt avait dégénéré à ce point. La victime grièvement blessée avait été admise dans un centre de rééducation fonctionnelle. En fauteuil roulant, elle ne se remettra vraisemblablement jamais de cet acte inadmissible. Selon les experts, son état n'est toujours pas consolidé et pourrait encore s'aggraver.
Ce mardi, la question de la poursuite de la détention provisoire de Jean-Philippe L. et d'Achraf D. était posée aux magistrats de la chambre de l'instruction dans l'attente de leur procès à l'issue duquel ils encourent 15 ans de réclusion criminelle. "Les versions évolutives des mis en cause et le fait qu'ils n'aient toujours pas pris conscience de la gravité de leurs actes ne permettent pas d'envisager une libération" a martelé la représentante de la société. Il faut préciser que Sébastien M., ayant bénéficié d'un contrôle judiciaire, s'est évanoui dans la nature.
"Je peux attendre en prison" a conclu Jean-Philippe L. qui a indiqué reconnaître les faits.
La chambre de l'instruction rendra sa décision le 6 septembre. Elle devrait vraisemblablement suivre l'avis du parquet général.


