Le plan effrayant d'un milliardaire français pour porter au pouvoir la droite et l'extrême droite

Milliardaire, libertarien et fervent catholique : le profil de Pierre-Édouard Stérin, surnommé par le quotidien L'Humanité « le saint patron de l'extrême droite française », fait immédiatement penser à celui d'un autre richissime homme d'affaires français, Vincent Bolloré.
Si Pierre-Édouard Stérin ne détient pas d'empire médiatique pour imposer ses thématiques et ses opinions politiques, il n'en possède pas moins son propre agenda avec des objectifs à atteindre et des moyens pour y parvenir : ce plan ultra-secret, dévoilé par L'Humanité et confirmé par Le Journal du Dimanche et Le Monde, a été dénommé projet Périclès (un acronyme pour Patriotes / Enracinés / Résistants / Identitaires /Chrétiens / Libéraux / Européens / Souverainistes). Périclès doit permettre d'imposer durablement la droite et l'extrême-droite au pouvoir d'ici dix ans, en mobilisant jusqu'à 150 millions d'euros d'investissement.
Exilé en Belgique pour échapper à l'imposition fiscale française, Pierre-Édouard Stérin semble préparer le terrain à son retour au pays en préparant des élites politiques façonnées par lui-même : Le Monde a révélé que plusieurs candidats issus du projet Périclès ont déjà été déployés, dans l'urgence, sur les circonscriptions convoitées par l'alliance LR – RN lors des récentes législatives.
Le projet Périclès, synthétisé dans un document d'une vingtaine de pages, établit les bases de « victoires » visées dans trois domaines d'action distincts. La « victoire idéologique » doit ainsi permettre d'imposer dans les médias et sur les réseaux sociaux les thèmes chers au milliardaire, y compris en ayant recours au « shaming » et aux « procès ».
La « victoire électorale », elle, doit se matérialiser dès les municipales de 2026 en formant « au combat électoral ces candidats (stratégie, communication, choix des thèmes) » et en mettant « à leur disposition tous les outils nécessaires (big data, médias, ressources humaines, financement) ».
Le site internet du Monde souligne que Marine Le Pen et Jordan Bardella figurent dans les petits papiers du projet Périclès : Otium Capital, le fonds d'investissement de Pierre-Édouard Stérin, est piloté par François Durvye, lequel figure parmi les hommes de confiance de la cheffe de file du Rassemblement national. François Durvye a aussi largement contribué au programme du président du parti pour les législatives.
« Guérilla juridique » et « conseil auprès des politiques »
Enfin, pour parvenir à la « victoire politique », il s'agira de « fournir une réserve d’hommes de pouvoir prêts à servir à tous les postes clés (cabinets, structures parapubliques, haute administration) » et de « développer les réseaux relais nécessaires (médias, finance, organismes internationaux) ».
Pour satisfaire ses ambitions, le patron du site internet smartbox estime qu'une enveloppe de 150 millions d'euros sera nécessaire afin de mener une « guérilla juridique » et de fournir un « conseil auprès des politiques », sans oublier la création d'une « école des candidats aux mairies ».
Les législatives ont effet mis en lumière les grandes lacunes de nombreux candidats du RN, certains se révélant fantasques, ignorants du fonctionnement des collectivités et des institutions, voire incapables de maîtriser leurs convictions racistes face aux médias. Ce qui ne les a pas empêché d'obtenir des scores très élevés, notamment au premier tour, en surfant sur la vague Jordan Bardella.
En haussant le niveau des candidats RN, le projet Périclès entend ainsi pouvoir rassembler le RN et LR, les deux partis identifiés comme compatibles avec les idées conservatrices de Pierre-Édouard Stérin. En s'appuyant notamment sur l'Institut de formation politique, une structure décriée d'où proviennent déjà certains des collaborateurs des parlementaires issus du rapprochement entre le LR Eric Ciotti et le RN.


