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Le Cinépalmes accuse une salariée de vol, le tribunal la relaxe

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 20 avril 2018 à 17H39

Investissement, Commerce et Cinéma Réunion (ICC) n’a peut-être pas été très net avec ses salariés au moment des faits… C’est ce que sous-entend l’avocat de A.B, accusée d’avoir volé 1800 euros entre 2008 et 2011 alors qu’elle était employée au Cinépalmes (depuis 2005), à Sainte-Marie.

Selon le directeur, Grégoire Cordeboeuf, la caissière aurait imprimé des billets en doublon, afin de pouvoir en encaisser la moitié. Sa technique : éteindre et rallumer l’imprimante qui éditait automatiquement un nouveau billet. Comment cela s’est su ? Elle se serait vantée auprès d’une collègue.

La mère de famille a donc été mise à pied en 2011, avant d’être accusée par une cliente d’avoir fait payer plein pot alors qu'il s'agissait de billets d’abonnement à tarif réduit. Et là, c’était licenciement pour faute grave.
 
Cinépalmes, pas très crédible dans la gestion de ses salariés
 
Elle, conteste les faits. Il s’agirait d’un problème de réseau ou d’électricité. Son avocat, Me Sébastion Navarro, rappelle certains incidents concernant la gestion des salariés du Cinépalmes à l’époque ; notamment des grèves entre 2008 et 2009 et les licenciements qui ont suivi. "La raison était souvent des vols, explique Me Navarro, mais est-ce que tous leurs salariés étaient des voleurs ? Un seul salarié, un intérimaire, n’a pas fait grève. Il est ensuite devenu responsable", avant de dévoiler qu'il s'agit de Grégoire Cordeboeuf.
 
Il rappelle également que l’ingénieur "objectif" qui a créé le logiciel utilisé par les caissières, est l’un des fils de la famille Drotkowski qui dirige la société. "J’ai été étonné quand j’ai vu que l’ingénieur qui témoignait voulait aussi se constituer partie civile".
 
Et qu’en est-il de la collègue qui avait dénoncé A.B ? "Elles étaient trois en concurrence pour le même poste et les deux autres sont rapidement passées à des postes à responsabilité alors qu’elles n’étaient arrivées qu’en 2010".
 
Si Me Navarro sous-entend gentiment que le Cinépalmes a voulu se débarrasser des grévistes, il rappelle également que l’affaire ne contient pas les preuves nécessaires pour condamner sa cliente. "C’est pour cela que le juge d’instruction avait d’ailleurs prononcé un non lieu".

Au final, le tribunal a décidé de la relaxer.

 

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Le droit de réponse de la société envoyé à notre rédaction le 24 avril 2018 :

"La société Cinexploit, exploitante du multiplexe Cinépalmes, a tenu à s'exprimer sur l'affaire qui l’opposait à son ancienne salariée Mme A.B.  

" Ce vendredi 20 avril 2018, le tribunal de Grande Instance a prononcé un non-lieu lors de l'examen de la plainte déposée pour abus de confiance en septembre 2013. Cette décision est intervenue en appel et fait suite à des faits qui remontent à novembre 2011. 

Au cours de cette période, la direction de la société Cinexploit s’aperçoit que Mme A.B. éditait des billets en double depuis 2008, en utilisant un mode opératoire connu sous le nom de "fraude de la tour Eiffel" et qui a été rappelé lors de l'audience de ce vendredi, et encaissait pour son propre compte la vente de ces doublons.

A la découverte des faits en novembre 2011, la direction s'est entretenue avec Mme A.B. Soucieuse de ne pas mettre en difficultés une mère de famille, elle lui a accordé une seconde chance. Malgré cette initiative à l'égard de la salariée, de nouveaux cas de fraudes ont été malheureusement constatés six mois plus tard. Mme A.B. vendait des billets à des tarifs supérieurs aux tarifs réels et encaissait pour son compte la différence.

Face à cette récidive et au préjudice - financier et d'image - que subissait la société, la direction n’a pas eu d’autre choix que de se séparer de Mme A.B. Estimant que son licenciement est intervenu sans cause réelle et sérieuse, Mme A.B a alors saisi le conseil de prud’hommes. La juridiction ne lui a pas donné gain de cause. Elle a été condamnée en première instance, puis en appel, à dédommager Cinexploit à hauteur de 1 500 euros.   

Avec la procédure prud'homale engagée par Mme A.B, la société Cinexploit a été contrainte de déposer plainte à son encontre en septembre 2013. La plainte a été relancée fin 2016 par le parquet et a débouché sur une mise en examen de Mme A.B.. C'est cette décision qui a été examinée au tribunal correctionnel ce vendredi 20 avril 2018 et qui a abouti à un non-lieu. Il est dorénavant à la discrétion du procureur d'interjeter ou non l’appel. 

L'exposition médiatique de cette affaire affecte l'équipe de Cinexploit. Les articles parus ce week-end dégradent l'image de la société et laissent suggérer des méthodes managériales dans laquelle la direction ne se reconnaît aucunement. La direction a toujours été à l'écoute de ses salariés, elle tient à le rappeler, et les soutient au quotidien dans leur travail, à offrir la meilleure expérience du cinéma aux Réunionnais."

 

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