Le bio rencontre un succès sans précédent en France... pas à La Réunion

Vingt mille exploitations agricoles bio… Lors de ses Assises nationales, l'agence Bio a publié ses chiffres clés, preuve d'une dynamique et d'un développement fort du bio en France. En 2009, 3.769 nouvelles exploitations se sont engagées dans la filière bio, une moyenne de plus de 300 par mois.
Ce rythme s'accélèrerait en 2010. Une excellente nouvelle pour le gouvernement puisque le Grenelle de l'environnement prévoit de tripler les surfaces en bio d'ici 2012. Mais ces efforts nécessitent des aides financières... Le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture a ainsi annoncé fin septembre avoir dégagé 6 millions d'euros supplémentaires pour les aides à la conversion 2010.
"L'acheteur est-il prêt à payer plus cher ?"
A la Réunion, les agriculteurs ont bien du mal à franchir le pas. Il faut dire qu'ils multiplient les contraintes… Comme expliqué en vidéo par plusieurs agriculteurs, il est difficile de pouvoir tirer son épingle du jeu sur le marché local en vendant du bio. "L'acheteur est-il prêt à payer plus cher?", s'interroge Olivier, un agriculteur de Dos d'Ane, en rappelant que faire du bio à la Réunion est complexe car les insectes sont très nombreux.
Certaines productions seraient effectivement impossibles à réaliser en bio. A titre d'exemple, les nouvelles variétés de tomates, rouges, sans défaut apparent et savoureuses, sont très sensibles aux conditions phytosanitaires (qualité des sols, climats, insectes)…
Depuis plusieurs années, différents acteurs du secteur agricole s’emploient à mettre en œuvre le concept d’agriculture durable à la Réunion. Le but est d’encourager les agriculteurs à produire des denrées issues d’une agriculture respectueuse de l’environnement, mais aussi à s’adapter aux nouvelles données du marché et aux attentes des consommateurs.
En février de cette année, les premières assises de l'Agriculture Biologique de la Réunion avaient permis aux professionnels, aux organismes, aux collectivités ainsi qu'à la trentaine d’agriculteurs bio certifiés ou en cours de conversion d'échanger autour de cette thématique.
"Le bio n'est pas rentable pour nous"
Mais un grand nombre d'agriculteurs restent perplexes quant au développement du bio dans notre département. "Le bio n'est pas rentable pour nous", lance Germain, un autre agriculteur venu vendre ses salades sur le marché des Camélias à Saint-Denis. "Nous sommes obligés de mettre au moins un peu de produit sur nos cultures pour pouvoir vendre", ajoute-t-il.
Globalement, le développement du bio à la Réunion a encore de la marge, à condition de donner les moyens de son émancipation et travailler sur les problématiques actuelles : investissement, évolution de la mentalité des agriculteurs, questions réglementaires, pollution des terrains... Bref, le chemin est encore bien long avant la récolte...



