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Le billet d'humeur de Mohamed Aït Aarab : "Un (nouveau) scandale d’Etat ?"

Ecrit par Mohamed Aït Aarab – le jeudi 17 juillet 2025 à 08H21

Le 11 juin dernier, une automobiliste de 37 ans décède dans un accident de la route, près de Reims. En cause : l’airbag défectueux de marque Takata dont sa voiture était équipée. C’est la deuxième victime, en France hexagonale, de ce modèle d’airbag.

Le 24 juin, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, ordonne l’immobilisation de près de 800.000 véhicules (voir le communiqué ICI).

En outre-mer, on dénombrait, avant le tragique décès de Reims, 16 morts.

À La Réunion, en 2021 (si, si, 2021, ce n’est pas une erreur), une mère de famille de 39 ans perd la vie dans un accrochage à La Saline. L’airbag Takata est pointé du doigt.

Le 31 janvier 2025, un homme décède sur la route, entre Saint-Paul et Saint-Denis. Les secours constatent des blessures « très caractéristiques » des explosions d’airbag.

16 décès et 29 blessés à La Réunion, en Guadeloupe, à la Martinique, en Guyane. Et ce depuis des années. Mais le ministère des Transports n’avait pas jugé bon de prendre la moindre mesure.

Or, la dangerosité des airbags Takata est connue depuis 2013, date à laquelle, aux États- Unis, on enregistre les premiers accidents.

Tromperie aggravée, mise en danger de la vie d’autrui, tout cela est documenté depuis des années. Pourtant il a fallu attendre juin 2025 pour que les pouvoirs publics assument leurs responsabilités. Partiellement, car à ce jour (et sauf erreur de ma part), l’arrêté ministériel d’immobilisation des véhicules concernés n’est toujours pas publié.

L’affaire des airbags Takata pose deux questions :
1. Pourquoi aucune décision des autorités gouvernementales françaises n’a été prise, au plan national, alors que les mensonges et les dissimulations de la société japonaise Takata sont de notoriété publique ? Ses dirigeants plaidaient coupables devant la justice américaine et reconnaissaient avoir dissimulé pendant 10 ans la dangerosité de leurs airbags.

2. Pourquoi avoir attendu l’accident de Reims, en juin 2025, pour demander l’immobilisation des automobiles concernées ? Alors que les premiers décès, sur le territoire de la République, la Guadeloupe en l’occurrence, remonte au moins à 2020 (Le Figaro du 30 mai 2024).

On ne peut que constater la gestion chaotique des différents gouvernements, quelle que soit leur couleur politique, dans ce dossier.

On ne peut que constater l’absence totale de transparence des constructeurs (plus de 15 marques et 150 modèles équipés d’airbags Takata) qui ont enchaîné affirmations mensongères et communication dilatoire.

On ne peut que constater l’indifférence (pour ne pas dire plus) dont sont, une nouvelle fois, victimes les territoires ultramarins.

République une et indivisible, avez-vous dit ?

Etiquettes : Mohamed Aït-Aarab

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